:)

Coucou !

J'ai du déplacer mon histoire sur le "Journal de Lelfya" ici à cause des bugs sur ma page perso. Certaines l'ont bien vu et c'est sur conseil de ma précieuse Pandaure que je l'ai déplacée ici pour plus de liberté. Ah, j'ai aussi changé le design du blog, cela est-il mieux ?

 

Bref, en espérant que vous aimerez l'histoire et, pour celles qui suivent déjà, que vous continuerez de me lire...

 

Bonne lecture ! 

 

 

 

 

"Quand on n'a plus que l'écriture..."

Par lelfya-sechan.over-blog.com
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Lelfya bannière par Zayah

Lelfya est une jeune fille plutôt joyeuse, toujours prête à rendre service aux gens et à faire rire son entourage. Ce qu'elle montre à tout le monde, c'est son apparence de lycéenne normale qui étudie les lettres classiques dans un lycée réputé, entourée de ses meilleurs amis et de son petit copain. Mais ce qu'elle est en réalité ça personne ne le sait réellement... 

Sa véritable nature est elfique, d'où son nom typique de ce monde dont l'existence est insoupçonnée aux yeux des humains normaux. Héritière d'un Royaume Perdu dont elle ne voulait pas, elle préféra s'enfuir plutôt que de succéder à son père à l'âge de treize ans et poursuivre sa vie d'adolescente comme bon lui semblait et ainsi vivre parmi les humains. Parfois, elle reprend ses allures d'elfe mais préfère souvent se cacher pour passer inaperçue et ne pas perdre ses amis. 

Elle tient un véritable journal de bord dont parfois certains passages seront cités ici pour dévoiler un univers immense et souvent terriblement magique et ensorcelant. Voulant devenir une femme de lettre, elle écrit pour son plaisir et ne souhaite en rien devenir Reine. 

Mais elle ne sait pas ce que lui réserve l'avenir... 

 

 

Par lelfya-sechan.over-blog.com
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Aujourd'hui, un jour de Mai où je me retrouve seule dans ma chambre d'étudiante. 

Je me sens un peu bête d'avoir pris ce journal pour en faire mon confident. Comme si je n'étais pas capable d'assumer les problèmes qui m'assaillent en permanence. Je suis une lycéenne normale voyons ! Et je devrais être capable de m'assumer seule ! Mais oui, c'est la chose la plus évidente qui soit... en fait non, je ne suis pas normale. Loin de là. Pourquoi dois-je avoir des origines aussi étranges et stupides, aussi effrayantes et dangereuses ? Il fallait que ce soit moi l'Héritière de ce trône dont je ne veux pas ! Et je n'ai aucune envie de me faire pincer en plein coeur de Lille par ces gardes abominables ! Quelle horreur si je les voyais ici, quelle horreur... mais ils ne m'auront pas et je mènerai ma vie tranquille pour le moment. 

En espérant que tout aille pour le mieux

*

 Fin Mai, reclue dans ma chambre 

Je suis sur les nerfs depuis ce matin à cause des gens qui me jaugent de haut en bas en me croisant. J'ai l'impression que les gens me voient telle que je suis réellement, une elfe Royale. Je ne veux pas être démasquée, pas tout de suite... je veux pouvoir être tranquille. J'ai pourtant tout changé pour être méconnaissable : la couleur de cheveux, la coupe, je me maquille beaucoup plus et tente de paraître parfois un peu garçon manqué. Il n'y a que mes yeux que je garde normaux, mes yeux d'un or pur. Même ma peau à foncé à force de rester au soleil du monde des Humains. Mais les gardes d'Androsia sont féroces et arriveraient peut-être à déjouer les pièges que je tente de maintenir en place. Mes amis se doutent parfois de quelques petites choses et je ne veux ps leur avouer... ce serait étrange de leur dire maintenant alors que je les connais depuis trois ans ! Et Léonardo... non, je ne peux rien faire. Rien. 

Ou du moins, pour le moment...  

*

 Dans un bar du Vieux Lille, seule 

Aujourd'hui, je n'avais pas l'impression d'être à ma place au lycée. Je ne sais pas pourquoi, c'est presque comme si mes amis me faisaient sentir que j'étais différente. Sûrement qu'ils s'en doutent un peu, vu les peurs qui parfois animent mon visage lorsqu'ils posent des questions sur mes parents, ma famille, mes origines et d'autres choses parfois gênantes pour moi. Immédiatement je m'empourpre et bafouille comme une écervelée, persuadée d'être minable. En sortant du lycée, je me suis directement enfoncée dans ce bar devant lequel je passe souvent. La fac n'est pas loin et les sorties sont parfois impressionnantes, ce qui fait que je peux passer inaperçue à l'intérieur de la foule. Mais j'ai entraperçu un homme tout de noir vêtu, des grands yeux verts illuminant son visage. Une beauté la fois ténébreuse et fascinante, mais cela m'a donné froid dans le dos. Parfois, des créatures peuvent rôder ici et s'en prendre aux Enchanteurs, ces gens d'une bonté infinie prêts donner leur vie pour nous. 

A très bientôt  

*

 Le matin

Cette nuit, j'ai fait un rêve étrange, plus qu'étrange même. Je me retrouvais à courir dans une des rues de mon village natal en plein coeur du monde elfique. Une jeune fille me hurlait de courir plus vite et en la regardant, je l'ai trouvée très mystérieuse. Elle avait une longue chevelure rousse, des yeux noisettes et un petit nez retroussé. Un teint très pâle surtout, et je me demandais bien si c'était à cause de la peur ou si c'était naturel. Mais je n'ai pas pu me poser plus de question car de l'autre côté, une autre personne courait. Lui ! L'homme que j'avais vu devant mon lycée ! En réalité, il avait à peine un an de plus que moi, mais en le voyant de plus près il m'a semblé le connaître. Son nom ? Aucune idée. Mais je sais à présent qu'il avait des yeux brillants, une chevelure noire qui lui retombait autour du visage, un visage parfaitement doux. Mais son air déterminé ne pouvait pas me donner plus d'indices sur sa personnalité, et encore moins son nom. Je sais juste qu'après je me suis réveillée en sursaut, me demandant ce qui avait pu se passer. Mais je veux savoir qui sont ces gens, car je le sais, ils existent.

Coûte que coûte, je saurai

*

 Idiote.

Idiote, idiote, IDIOTE !! Pourquoi ai-je fait ça ?! Mais qu'est-ce qui m'a pris ?! Je suis bête, mais bête !! Je l'ai revu aujourd'hui, à la sortie de mon lycée, attablé à un bar. Il parlait avec un fille et celle-ci semblait sous son charme. Il fallait avouer qu'il n'était pas mal non plus... ses cheveux lui retombaient doucement autour du visage, faisant encore plus briller ses yeux verts. En le voyant là, je me suis précipitée sans réfléchir et j'ai manqué de percuter une vieille dame qui se trouvait sur mon chemin. En arrivant devant lui, il a tourné lentement ses yeux pour les poser sur moi et il m'a sourit d'un air amusé. "C'est pour quoi ?" m'a t-il demandé. J'en étais complètement perdue devant lui et j'ai chuchoté "Je... je vous connais..." il a arqué un sourcil, comme si j'étais folle, et m'a fait un "Ah bon ?" avec une voix pleine de sous-entendu. Je n'étais pourtant pas folle ! Je savais, c'étais bien LUI. Mais pourquoi l'ai-je abordé aussi abruptement, sans prendre garde à ce que je faisais ? Je suis repartie en bredouillant des excuses et il m'a lancé un sourire charmeur, un peu dans le style "Nous nous reverrons"

Plus jamais !

*

 Et voilà...

C'en est fini. Je suis piégée dans ce trou à rat. Je n'ai plus qu'à me trouver un autre endroit pour réussir à me cacher. Je pense partir sur Paris à présent, les Enchanteurs m'en avaient déjà parlé de cette ville mais j'avoue n'y être jamais allée. On dit que c'est la "Ville Lumière" dans une certaine chanson de Tryo, un groupe français. Je verrai bien par moi-même. Mais en attendant, je vais vider mon appart', me débrouiller pour prendre les affaires les plus utiles, mais aussi les plus précieuses ! Je me débrouillerai arrivée sur les lieux, je vais sûrement réussir à trouver un petit logement, qui sait ? Je l'espère de tout mon coeur, je l'espère et je me prendrai surtout en main. Vivement que je sois arrivée car je dois m'en sortir, et le plus vite serait le mieux.

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Sechan-banniere-par-Zayah.jpg

  Au beau milieu de l'appart' vide

Elle est partie. "Déjà ?" pensais-je. Eh bien oui, apparemment elle à pris peur bien trop vite à mon goût... pauvre jeune fille. Comme si elle pouvait partir sans laisser de traces. Une chose impossible qu'est de ne pas la retrouver voyons ! Je sais que je vais la retrouver, où qu'elle soit dans ce monde exaspérant par sa niaiserie. Tiens, comme cette fille que j'ai dû charmer hier pour savoir où dormir plutôt que de rester dehors toute la nuit. Je n'ai aucunement besoin de dormir, évidemment, mais je dois surtout ne pas attirer l'attention sur moi. Ils ont été formels sur ce sujet : personne ne doit se douter. Personne. Mais comme je suis du genre discret en permanence, malgré mon physique avantageux, et je ne peux que tenter de rester dans l'ombre des gens. Difficile comme tâche... surtout pour moi. Comme j'ai pu être surpris qu'elle vienne me voir en sortant du lycée ! Et surtout d'oser dire, devant moi, qu'elle pensait me connaître ! Quelle abomination. Vraiment. Mais ces foutus gardes se sont déjà lancés à sa poursuite, les idiots. Ils n'y arriveront pas, jamais d'ailleurs... je m'en assurerai

*

Ehh oui, la retrouver ne fut vraiment pas compliqué. Je savais bien qu'elle allait partir sur Paris, la plus grande des villes de France. Peut-être même qu'elle à déjà trouvé un logement... mais ça me paraît un peu improbable. Surtout ces derniers temps. Je l'ai croisée dans la rue devant le musée du Louvres, juste après le Pont Neuf. Quand elle m'a vue, elle a eu un temps d'arrêt et s'est presque enfuie pour que je ne la trouve pas. Mais quelle imbécile ! Comme si je n'allais pas réussir à la rattraper ! Moi ! Je vais devoir endosser mon sourire spécial charme pour réussir à l'amadouer maintenant... vivement que je la recroise, j'ai besoin de mettre ces choses là au clair

*

 De nouveau

Voilà que je me mets à la chercher dans les musées. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit une grande amatrice d'Arts, moi... j'ai dû passer et repasser dans les couloirs immenses du Louvres, les oeuvres qui suscitaient l'admiration des gens. J'avoue m'être arrêté un instant devant le "Radeau de la Méduse" et aussi "La Liberté guidant le Peuple". Un Géricault et un Delacroix. Magnifique... j'étais un peu scotché, je l'avoue. Mais pas pour autant en oublier ma mission ! Je l'ai retrouvée en plein coeur de Paris, devant la Tour Eiffel finalement. Et nous nous sommes regardés comme deux enfants pris en faute, moi avec un sourire narquois, elle une mine inquiète et aussi un peu surprise. J'ai simplement repéré l'endroit où elle allait et je sais à présent où elle habite. J'ai plus d'un tour dans mon sac pour la coincer, et cela arrivera bientôt je pense.

Très bientôt même...

*

 Les écouteurs dans les oreilles

Vive ma dégaine dans les rues de Paris. La musique à fond dans les écouteurs, j'ai vraiment l'impression d'être isolé du monde. Mais je ne dois surtout pas faire ça ! Je campe devant chez elle depuis un bout de temps, et je crois bien que je risque de péter les plombs si jamais je ne la vois pas. Je sais que quelqu'un cherche à me dépasser, mais pas moyen de savoir qui. Peut-être un prétendant qui ne cherche qu'à ravir la main de la belle Princesse des Elfes ? Quelle idiotie tout de même... tout ça pour apaiser un pauvre petit coeur. Comme les humains peuvent être parfois étranges... Mais bon, peu importe. Mais quand va t-elle enfin sortir celle-là ?! Elle ne s'est quand même pas sauvée sous mon nez ! Ce serait impossible !

Parole de l'Enfer, je vais m'occuper d'elle

*

 Bizarre

Aujourd'hui, j'en suis sûr, j'ai découvert cette autre personne qui la suivait. Une fille apparemment. Une grande brunes avec des yeux de braises. Des petites oreilles en pointes, une autre elfe donc. Un visage d'ange en fait. Très jolie, elle attirait beaucoup de regards masculins. Quand elle m'a regardé, j'ai senti une tension mais elle m'a décoché un regard glacial. Finalement, mon charme ne marche pas sur tout le monde.... mais je l'ai vu se diriger vers l'immeuble de Lelfya. Avec son air décidé, je savais très bien ce qu'elle allait faire. Je me suis donc précipité et j'ai sauté comme un fou par la fenêtre de l'elfe. En me voyant atterrir dans son salon, elle a poussé un hurlement à réveiller les morts. Je l'ai immédiatement fait taire, mettant ma main sur sa bouche. Lorsqu'elle réussit à ouvrir la bouche, elle me demanda à toute vitesse "Qui êtes-vous ? Et comment m'avez-vous retrouvée ?". Avec un sourire je lui répondis aussitôt "Je me prénomme Sechan, et je vous ai retrouvée sans trop de mal car une elfe telle que vous ne fait pas le poids face à moi". Elle me regarda sans comprendre et elle me repoussa avec force. Une sacrée force en vérité ! "Sechan, je n'ai pas envie de vous voir !" s'écria t-elle.

"Moi si" dis-je doucement

*

Difficile 

Après avoir passé plus d'une demie-heure à nous hurler dessus, à manquer de faire éclater les fenêtres aux sons de nos voix, à se regarder avec un oeil mauvais, elle tenta de m'étriper. Sans y arriver, bien évidemment. Je savais parfaitement que contre moi, elle ne pouvait rien. Elle finit donc par s'assoir et me demanda "Sechan, pourquoi voulez-vous me coincer ? Etes-vous aux ordres de mon père ? Ou vous souhaitez simplement m'avoir dans votre botte ?". J'ai souri, amusé, et dis "Oh que non, en aucun cas je ne serai dans les rangs de votre père ! Il est déjà rare qu'une elfe puisse s'approcher ainsi de moi sans être blessée, alors qu'irais-je m'occuper des affaires de votre père ? Je ne gère pas les conflits familiaux... je travaille pour moi seul, et ça je peux vous le jurer Jeune Princesse !". Elle me regarda de ses grands yeux dorés, un sourcil se haussant au-dessus. "Mais, que voulez-vous de moi dans ce cas ? Ma richesse ? Mon titre ?". Je m'assis en face d'elle. 

"La Sagesse..."  

*

Je la vis sursauter

Je lui souris avec un air mi-amusé, mi-narquois, et elle me regarda, stupéfaite et vexée à la fois. "Vous êtes bien ambitieux, Sechan. Comment savez-vous cela ?". "Hum... du vécu si je puis dire. Je sais pas mal de choses...". Elle éclata de rire et lança : "Votre modestie n'a pas dû vous monter à la tête, vous !" Je plissais aussitôt les yeux. "Je sais que votre père vous a envoyé chercher depuis votre fuite à l'âge de 13 ans, que les Anciens ont parlé pour vous dans la Salle de l'Oracle, je sais aussi que vous êtes allée plusieurs fois au Louvres cette semaine et que vous avez appelée une de vos meilleures amies hier, dans un restaurant en face du musée. Que sur la place Montmartre un homme vous a fait un magnifique portrait que vous avez docilement rangé dans le bas du meuble à ma droite, et je sais aussi que vous portez un boxer noir qui vous va comme un gant...". Elle me fixa, interdite. "Comment... savez-vous pour...". Je la coupai distraitement "Le boxer ? Vous étiez en train de ranger votre portrait lorsque je suis entré. Vous devriez moins porter de taille basse, Mademoi..."

"Sortez immédiatement d'ici, SECHAN !!!"

*

Pas d'accord

Elle avait réussi à me pousser jusqu'à la porte et je m'étais accroché au cadre de celle-ci. "Ehh ! C'est impoli de faire ça !" "Ah oui ? Je m'en fiche, voyez-vous !". Tout en me poussant, elle enfonçait ses ongles dans mon dos sûrement avec l'espoir de me faire mal. Ahh, si elle savait... "Lelfya, vous ne pouvez pas rester seule ici. Vous êtes en danger.". "Mais oui, bien sûr !". "Il y a une autre elfe qui vous traque !" m'écriai-je vivement. Cette phrase eut l'impact que j'espérais : rapidement, elle me colla dos à la porte par laquelle elle voulait me faire sortir et me regarda droit dans les yeux. "Quoi ?!" s'exclama t-elle. "Une fille, brune, teint pâle, yeux brillants, pas mal du tout. De très jolies jambes..." Elle me gifla directement. "Sechan, qui est-elle ?" gronda t-elle tout près de mon visage. D'un seul coup, elle ne ressemblait plus à une elfe mais plus à un bouledogue. Très rassurant... je souris malgré tout. "Vous pensez que je connais son nom ?". Elle resserra son emprise sur mon cou. "Ok, ok ! C'est Nabeth je crois ! C'était inscrit sur sa gourmette en or ! Mes yeux plus perçants ont pu voir de loin !" Soudain, elle me relâcha et recula, les yeux paniqués et les lèvres tremblantes. "Vous la connaissez ?"

Elle hocha la tête.

*

Coloc'

Eh oui, pour faire en sorte que l'autre elfe qui rôde autour de nous ne s'en prenne à la jeune Princesse, je devais rester avec cette dernière. Après avoir longuement hésité, elle avait fini par m'inviter chez elle pour quelques temps. J'emménageais donc dans son petit appart' avec une joie non-dissimulée. Elle me pria de gagner la chambre et, lorsque je posais mes affaires, je me rendis compte de l'endroit où j'étais. "Ah non !" "Quoi ?" demanda t-elle passant la tête par la porte. "Lelfya, c'est votre chambre ! Pas question que j'y dorme !" "Euh... un problème avec ma chambre ?". Sans daigner répondre , je pris mes affaires et partis dans le salon où je déposais le tout à côté du canapé rouge.  "Mais..." "Pas de mais qui tienne ! Je dors dans le salon !". Elle haussa les épaules, vaincue devant mon air déterminé. "Et... tutoyez-moi, Sechan, je hais le vouvoiement de politesse". Un sourire moqueur tordit mes lèvres tandis que je lançais "Avec plaisir ma très chère..."

Elle me lança un regard meurtrier.

*

Changement

Je suis de mieux en mieux avec elle. Elle vient tout juste de terminer ses cours et veut se trouver un job d'été. Mais, sérieusement, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, surtout que j'ai vu Nabeth il y a peu de temps. En passant devant Notre-Dame, elle était noyée au milieu de japonais et me regardais fixement. Je n'ai pas osé le dire à Lelfya, elle aurait sûrement paniqué. "Sechan ?". Je relevai les yeux vers elle. "Oui ?" Je la vis mordre sa lèvre inférieure toute rose. "Je n'ai... jamais de réponses claires. Sechan, je sais que tu veux me protéger, mais... il y a autre chose, n'est-ce pas ?". Je crispais les lèvres, décidé à me taire. Mais ses yeux m'imploraient et sa voix chancelait à mesure qu'elle prononçait les paroles. Comment résister ? "Tu n'es ni humain, ni elfe. Qu'es-tu alors ?". Je relevais vers elle un visage la priant de se taire. Mais je lui devais la vérité... "Sechan ?". Je lui jetai un oeil et la vit se figer.

"Un démon, Lelfya..."

Par lelfya-sechan.over-blog.com
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Nabeth-par-Zayah.jpg

Je reste à leur poursuite 

Cachée un peu partout autour, je les suis à la trace. Lelfya me connaît très bien puisque auparavant, nous étions les meilleures amies du monde. Mais lorsque Ary l'a choisie, elle la jolie Lelfya, plutôt que moi Nabeth qui s'occupait des chevaux du Roi, mon profond sentiment d'amitié et de gratitude s'est mué en une jalousie intense envers celle que je considérais alors comme ma soeur. Mais le pire, c'était qu'elle repoussait les avances de Ary qui était de très loin le plus beau garçon du monde elfique, voire des Contrées Perdues ! Elle pouvait le posséder corps et âme et le rejetait comme un objet dont on ne veut pas s'encombrer. Et lui s'est alors dirigé vers moi en pleurant sa bien aimée perdue. Elle avait tenté de me dire qu'il n'était pas bien pour nous deux, mais il suffit que je crois ses beaux yeux bleus pour savoir qu'elle dit faux. Et je sais qu'elle n'a aucun problème pour charmer ceux qui lui plaisent. Je ne suis pourtant pas une elfe normale, avec mon physique avantageux. Dans les rues de la capitale, je suis loin de passer inaperçue aux yeux des humains. 

Je me vengerai d'elle, et le plus tôt sera le mieux

*

Une semaine après 

Assise à une terrasse de café, je sirotais mon verre de limonade bien fraîche, cachée derrière mes longs cheveux et mes grandes lunettes noires. J'attendais depuis une demi-heure déjà et je changeais sans cesse la position de mes jambes sous la table. Impatiente, je fis pianoter mes doigts sur la table et sifflais d'agacement. Je finis par prendre un livre qui traînait dans mon sac et l'ouvrit à la première page. "La Nuit des Temps" de Barjavel était un roman bouleversant. L'écriture était magnifique, l'histoire sublime et les personnages d'autant plus attachants. Un livre grandiose en un mot. Et j'en étais à la 20e page lorsque je la vis sortir de la librairie. Je bondis vers elle, tel un feu enragé, et rangeais dans mon sac le livre que j'avais à peine commencé. Je m'approchais d'un pas rapide et je me rendis compte que je courais presque ! Mais d'un seul coup, je me retrouvais paralysée sur place. Plus moyen d'avancer ! J'étais complètement statufiée sur le trottoir, à quelques mètres d'elle ! Elle sursauta en me voyant en face d'elle et presque immédiatement, un jeun homme vint se placer à côté d'elle pour la prendre par les épaules et la faire reculer. "Princesse, évitez-donc les mauvaises rencontres, voulez-vous ?" dit-il d'une voix douce. Il était affreusement pâle mais son sourire était diablement beau, et ses yeux verts sublimes sous ses cheveux noirs. Mais il était moqueur à cet instant. "Je vois que vous êtes surprise, approcher Lelfya sera dur à présent, Nabeth !". Dans sa bouche mon nom sonna comme une insulte. "Manipulateur !" crachais-je. Ses yeux brillèrent et Lelfya l'implora "Non, Sechan... pas ça, s'il te plait..." et elle me regarda de ses grands yeux dorés. Je pris un masque de cruauté et de froideur. Quand il me regarda, ce fut avec mépris et ironie, il lança avec un sourire suffisant "Ravi de vous avoir rencontrée, Nabeth !"

Je faillis hurler de rage.

*

Traquée

Comme je ne voulais pas perdre mon temps avec ce fichu Sechan, je ne trouvais qu'un moyen : me débarrasser de lui. Il fallait à tout prix que je l'éloigne de Lelfya, par n'importe quel moyen possible. C'était à cause de lui que je ne pouvais m'approcher de cette satanée elfe ! Pourquoi avait-elle demandé à cet homme de la protéger ? Et à présent, il vivait même chez elle et il sortait dans la rue en même temps ! Ils restaient collés aux basques l'un de l'autre, pas moyen d'approcher celui-ci sans que celle-là débarque ! Mais quelle horreur, quelle horreur ! Et les vacances à Paris n'allaient pas durer éternellement pour nous tous : elle allait surement devoir repartir sur Lille, lui la suivrait comme un petit chien et moi j'avais mon contrat à remplir, bien qu'avec un délai assez court. Mais pourquoi ce garçon de malheur avait-il débarqué devant elle ? Il devait la protéger jusqu'à la mort ou quoi ?! Je crois que je vais devoir m'occuper de lui après l'avoir charmé un peu. Quoi de plus simple que d'avoir le protecteur de sa pire ennemie dans sa coupe pour la neutraliser, elle ? Certe, ce pouvait être dangereux, un plan affreusement risqué, vu qu'il ne semblait pas être un simple humain et pas non plus un elfe. Mais je dois avouer qu'il est plutôt beau mec... mais il reste son garde du corps. "Non, Sechan... pas ça, s'il te plait...". Sa phrase me revint en tête et je secouai mes cheveux. Eprouvait-elle du remord à mon égard ? Ou bien n'était-ce que de la pité ? Je ne sais pas exactement mais j'avais encore plus envie de lui faire payer ce qu'elle m'avait fait. Les instructions de son père étaient de la ramener vivante. J'avais plus envie de la tuer qu'autre chose ! Mais puisque ce sont les ordres Royaux, je vais attendre bien sagement. Peut-être qu'il n'y aura plus de Lelfya, et voilà

Je dois sourire cruellement...

*

Je savais qu'elle avait trouvé un petit job d'été, mais je ne savais pas où elle pouvait bien travailler... Je me doutais bien que je n'allais pas réussir à la retrouver de suite, car Paris est immense, mais je compte bien la retrouver quand même. J'ai besoin de la suivre à la trace, et surtout de me retrouver seule avec elle quand Sechan ne sera pas là... une occasion rêvée. Peut-être qu'en ce moment elle travaillait dans une bibliothèque ? Ou encore un magasin de bijoux, de vêtements ou autres ? Ou bien baby-sitter ? Avec sa patience et son intelligence, elle peut à peu près faire tout ce qu'elle veut. Je ne sais même pas ce qu'elle étudie dans son lycée, mais je sais quand même que ses résultats sont excellents car elle est brillante. C'est comme ça chez tous les membres de la famille Royale : ils doivent tous être intelligents et briller sous toutes les coutures. Je n'ai jamais vraiment su pourquoi, mais je me souviens que souvent, lorsque Lelfya et moi jouions alors que nous étions encore de calmes petites filles, la Reine venait chercher sa fille au bout d'un certain temps ou d'une certaine heure et la faisait monter dans sa chambre ou bien dans la bibliothèque du Château. Lelfya n'avait rien le droit de me dire et elle riait toujours lorsque je lui posais la question. "Ne t'en fais pas, un jour toi aussi tu auras ça !" disait-elle en riant doucement. Mais dans ses yeux je lisais déjà de la fierté mais aussi un peu de... peur ? Oui, c'était un peu de ces deux choses mélangées. Un jour, par mégarde, je suis entrée dans la pièce où elle se trouvait avec une personne qui m'était inconnue. Mais à peine étais-je entrée que je compris quel était son rang : un Enchanteur ! Un véritable Enchanteur se trouvait dans le Palais ! Plus encore, il donnait des cours à la Princesse, ma meilleure amie de surcroit ! J'étais immédiatement ressortie, de peur que les deux personnes ne s'aperçoivent de ma présence. mais je n'oublierai jamais le visage de l'homme qui était en face d'elle, elle qui reculait en voyant le feu bleu agiter les doigts du jeune homme.

Un véritable Démon.

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Lelfya bannière par Zayah

 D'applomb

Finalement, Sechan m'a remise sur pied en un rien de temps ! Aujourd'hui, je suis donc partie travailler ! C'est vraiment un très bon médecin, je ne sais pas où il a apprit tout ça... mais il m'a guérie. Mais cet après-midi, au travail, il s'est passé quelque chose de plutôt étrange... je ne savais plus du tout quoi faire ni où me mettre. Alors que j'étais occupée d'éteindre l'ordinateur sur lequel les commandes des clients sont enregistrées, un ami serveur d'origine Italienne et s'appelant Fabio, me sourit et me lance "Lelfya, tu as des traits de visage très particuliers ! Et tes oreilles sont presque pointues, c'est trop drôle !". Je me suis d'abord figée puis j'ai ri. "Normal, je suis une elfe !" Il a ri avec moi et j'ai soupiré de soulagement. La porte s'est ouverte, laissant entrer quelqu'un, et Fabio a relevé la tête tandis que je me baissais pour attraper mon sac. "Lelfya, ton petit ami est là !" j'ai immédiatement relevé la tête, beaucoup trop rapidement, et me suis cognée sur la table avec un bruit sourd. "Quoi ?!" m'écriais-je, surprise. Je levais les yeux et vit Sechan en train d'enlever ses lunettes de soleil. Je déglutis tout d'abord et fusillais Fabio du regard. "Ce n'est pas mon petit ami ! C'est un... un..." Il haussa les épaules et m'adressa un sourire goguenard. Sechan prit un moqueur et dit "Je suis son coloc' et ami, rien de plus". Lorsque j'eu dit au revoir à Fabio, nous nous retrouvâmes dans la voiture et je ne pus décrocher un mot. Il finit par rire en voyant mes joues cramoisies "On n'a même plus le droit de te taquiner ?! et je secouais la tête. Arrivés à l'appart', je le dévisageais discrètement pendant qu'il lisait

"Et si ça changeait... ?"

*

Aujourd'hui, nous étions décidés à faire les magasins car je n'avais plus grand-chose pour m'habiller convenablement. Levés à 9h, nous sommes sortis assez vite et nous nous retrouvâmes en plein coeur de Paris pour une journée de shopping. Je voyais bien que Sechan était légèrement réticent de se retrouver embarqué dans la vague de magasins de vêtements divers. Plusieurs fois, je ressortis de la cabine avec de nouveaux vêtements et il me contemplait de ses grands yeux verts fatigués, les écouteurs dans les oreilles. Il se contentait de s'enfoncer encore plus dans son siège et de hocher la tête en me voyant sortir. A un moment, je sortis avec une tenue assez sympa, jean délavé, converses en toile noire et un châle autour du cou. Il me sourit largement et lança un "Très jolie ainsi" avant que je sente mes joues devenir rouges. Il effleura mes boucles brunes de son index fin et je rentrais de nouveau dans la cabine pour me changer. Dés que nous fûmes sortis du magasin, il m'entraîna dans un restaurant dont je n'osais même pas regarder les prix tellement cela me semblait cher. Depuis quelques temps, Sechan était joyeux et souriait souvent sans que je sache pourquoi. Il était changé. Nous nous mîmes à parler de tout et de rien, des coutumes des Contrées Perdues, et il finit par recevoir son plat. Ce fut à ce moment-là que mon portable sonna et que nous nous dévisageâmes. Je m'excusai auprès de lui et blêmis en voyant le nom qui apparaissait sur le cadran : Leonardo. Je décrochais avec un peu d'anxiété dans la voix. "Leo ?" "Ah, enfin ! Tu ne veux plus me parler ou quoi ?!" "Moi, Mais..." "J'ai tenté de t'appeler au moins vingt fois !" "Ah ?" "Lelfya, j'en ai assez. J'ai parfaitement compris". En entendant le ton colérique du garçon, je me figeai "Tu as compris quoi ?" "Que toi et moi, on n'est plus pareils. C'est terminé, je suis désolé. Sincèrement...". Il coupa la communication après un bref au revoir et je revins vers Sechan et il vit bien que quelque chose n'allait pas. Je fus sur le point d'éclater en sanglot lorsque nous fûmes sortis et il tenta de me rassurer en me prenant dans ses bras et murmurant des choses réconfortantes. Je voulus immédiatement me coucher et, pour la première fois, il m'embrassa sur la joue.

*

En rouvrant les yeux ce matin, j'ai vu Sechan assis à côté de mon lit, me regardant avec de l'inquiétude dans les yeux. "Tu vas mieux ?" me demanda t-il. Je secouai la tête dans un mouvement qui pouvait dire oui ou non. Il me prit par les épaules et me murmura d'aller me laver et m'habiller pour le travail. Le travail... jen'avais pas la moindre envie d'y aller. Plus rien ne me donnait une quelconque envie. J'étais fatiguée et triste, quel mal y avait-il à cela ? Je faillis m'effondrer au sol mais Sehcna me rattrapa de justesse "Mais c'est pas vrai ! Marche normalement Lelfya !" s'éxclama t-il, outré. Je ne cherchais même pas à me dégager et il me marmonna "Dans pas longtemps, tu vas venir quelque part avec moi" "Tu as besoin de moi, toi ?" lui lançais-je sur un ton morne. Il se figea et me regarda fixement, sans expression déchiffrable sur le visage. "Quoi ?! C'est quoi ces yeux ?! Tu vas aussi me laisser tomber parce que tu sais que je suis folle, c'est ça ?!" criais-je, excédée. "Lelfya !". Je le repoussais avec force et il s'énerva "Tu es ridicule ! Pourquoi te laisserais-je tomber ?!" "Tu feras comme lui, lui qui disait m'aimer ! Tu vas me laisser sur le coté, comme un objet abandonné, et je mourrai sans toi !" m'extorquai-je, le souffle court. Ni une ni deux, il m'emprisonna dans ses bras et me força à me taire. Je lui hurlais tout ce qui me passait par la tête, lui jurant que j'allais le tuer s'il ne me lâchait pas de suite, pleurant tout ce que je pouvais, tentant même de mordre sa main qui voulait me faire taire. Lorsqu'il y arriva enfin, je me rendis compte que nous étions devant le miroir de la chambre. Ses yeux vrets brillaient intensément et il me murmura d'une voix plus glaciale que la pire des nuits d'hiver "Ne t'avise plus jamais de prononcer de telles paroles devant moi, sinon...". Sans terminer sa phrase, il me lâcha et sortit de la pièce, son visage devenu froid. "Sechan... non, je ne..." il me lança un regard perçant qui me cloua sur place. Comme Nabeth, je me rendis compte que je ne pouvais plus bouger et il sortit, me laissant seule. Je n'avais été aussi mal à l'aise avec Sechan. Depuis le début, j'avais du mal à admettre que c'était un démon. Ces êtres n'avaient pas l'habitude de côtoyer les elfes car ils étaient bannis du Royaume depuis des centaines d'années. Mias ce n'était pourtant pas le premier démon que je rencontrais... "SECHAN !!" hurlais-je, toujours figée. Presque aussitôt, je m'effondrais au sol et je tentai d'amortir la chute avec mes mains. Il s'agenouilla devant moi et je sentis les larmes couler sur mes joues. Sans hésiter, je posais ma tête sur ses genoux et fermais les yeux, pleurant doucement.

"Ne me laisse pas..."

*

Sechan venait de m'apprendre une nouvelle pour le moins affreuse. Horrible même. "Comment ça je vais devoir m'acheter une robe de soirée ?! "Parce que nous sommes invités à une soirée de promo du nouveau livre de Maxime Chattam, le grand écrivain connu". J'arquai un sourcil. "L'auteur des Arcanes du Chaos ? Quel rapport avec nous ?". Il but son café qui glissa dans sa gorge dans un bruit étrange. "Je bossais dans sa maison d'éditions du dernier bouquin" dit-il en regardant sa tasse à présent vide. "Autre Monde !!" mécriai-je aussitôt, comprenant enfin de qui il parlait. "Euh... Ouais ?" "Sechan, c'est un auteur..." fis-je sans terminer ma phrase. Il me sourit, ce sourire qui me faisait rougir de honte à chaque fois. "Bon, cette robe ?" "Sechan, je... je n'ai pas de robe." Il éclata de rire devant ma mine rouge et le mensonge pourri que je venais d'inventer. "Excuse lamentable, tu fileras en acheter. Paris est la capitale de la mode, tu trouveras ton bonheur !" m'assura t-il avec un clin d'oeil. Soudain, je me rendis compte de l'heure et m'écriai en sautant de ma chaise "Boulot !" "Dejà ?" s'étonna t-il en regardant la pendule accrochée au mur. Je lui relevais les cheveux noirs de devant ses yeux et souris doucement, me plongeant avec délice dans ses iris sombres. "Fais attention à toi" murmura t-il en me regardant fixement. "T'en fais pas, je vais avec Fabio !" ris-je en me redressant. "Ce petit serveur ?" fit-il en arquant un sourcil. Je lui tirai la langue et sortis de l'appartement. Je m'attardais un peu devant les vitrines de magasins chics de robes en me demandant ce qui pourrait m'aller le mieux. Mais Fabio me pria de me dêpecher et nous entrâmes en même temps dans le restaurant.

"Et c'est parti..."

*

Le jour de cette promo de livre arrivait à grands pas. Et dire que je n'avais même pas de robe... Devant mon miroir, je pestais en permanence. Sechan allait, bien sûr, être magnifiquement sapé et moi, affreuse. Comme toujours lorsque j'étais à côté de lui... Je n'avais envie que de faire les magasins en toute hâte pour trouver une robe convenable. Mais ce matin, j'ai vraiment cru qu'un miracle se produisait : on m'avait apporté une robe ! Et pas n'imorte qui : Fabio. En voyant la robe, rangée dans une housse de protection, tenue entre ses mains, j'avais ouvert la bouche d'étonnement et l'avait regardée en silence, stupéfaite. J'étais bouché bée devant cette somptueuse robe où d'ailleurs, je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire pour ne pas paraître ridicule avec. "Elle te plait ?" s'inquiéta t-il en me regardant devenir blanche. "Fabio, ce n'est pas ça... c'est juste que... merci...". Un grand sourire illumina son visage déjà d'habitude joyeux et il dit sur un ton amusé "Oh, mais ce n'est rien ! Tu pourras éblouir ton petit ami avec ça !". Je levais les yeux au ciel "Sechan n'est pas mon petit ami" il prit un air innocent avec ses grands yeux noirs et un malaise me prit : pourquoi se bornait-il à me dire ça ? Donnais-je vraiment l'impression de vouloir... me rapprocher davantage de Sechan ? Je détournais les yeux, consciente que mes joues devenaient peu à peu cramoisies, peut-être pas qu'un peu d'ailleurs... "Euh, Lelfya, tout va bien ?". Je sursautais en entendant la voix du démon. "Absolument !" m'écriais-je en rangeant prestement la robe dans l'armoire. Il arqua un sourcil et Fabio me lança un regard complice. "Cela prendra le temps qu'il faudra pour te décider" dit-il en souriant doucement. Perplexe, Sechan ouvrit la bouche pour me poser une question idiote "Il veut dire quoi par là ?" mais je m'exclamais aussitôt "Non, ce sont mes affaires, tu n'en sauras rien !". Devant mon air nerveux, il sourit et s'approcha de moi. "Cela aurait-il un rapport avec moi, Damoiselle ?" Fabio hocha frénétiquement la tête et je le poussais hors de la chambre. "Je dois me changer, sortez d'ici !". Derrière la porte, je les entendis rire pendant que je testais ma tenue de soirée. Impeccable ! Et jolie ne plus ! Même plus que jolie : la robe était vraiment splendide. Lorsque je sortis de la pièce, Fabio était parti et Sechan confortablement installé sur le canapé, une jambe passant au-dessus d'un accoudoir.

Mon coeur à bondi d'un seul coup.

*

Je m'assis à côté de lui, ayant pris un livre sur le bureau. Je ne voulais pas vraiment le regarder, juste rester à côté, mais mes yeux étaient irrésistiblement attirés vers lui. "Lelfya ?" Je sursautais comme une pauvre idiote "Humm ?" fis-je en peignant l'indifférence. "Euh... dis-moi, tout va bien ?". Je levais les yeux vers lui, presque affolée, persuadée qu'il voulait s'assurer que j'aille bien avant de m'annoncer une mauvaise nouvelle ou quelque chose de bien grave. "Quoi, il y a un problème ? Tu es viré du boulot ? Tu as cassé quelque chose ? Volé de l'argent ? Non, je sais, tu as fouillé dans mes affaire,s c'est ça ?!" Il s'arrêta deux secondes et éclata de rire. "Ce que tu peux être drôle toi ! Mais non, rien de bien grave... c'est juste que je me demandais..." il baissa la voix et dit presque dans un souffle "As-tu eu des nouvelles de Léonardo ?" je me figeai presque de suite, me demandant pourquoi il me posait une telle question. "Je n'ai rien de nouveau et je me fiche de ce que ce crétin peut devenir" répliquais-je avec hargne. Il se mordit la lèvre et hocha la tête. Je me décidais immédiatement à le rassurer, mais je n'en eu pas besoin : il me sourit, comme s'il savait, et dit "C'était une simple question, ne t'en fais pas. Les démons sont toujours très curieux !" et je lui sourit, un pauvre sourire qui voulait dire pleins de choses à la fois. D'un seul coup, je percutais "Le dîner !" pensais-je en me levant. Je sentis sa main prendre la mienne et mes joues s'empourprèrent, presque immédiatement. Il me regarda dans les yeux et fit "Ne t'en fais pas, je m'occupe de tout. Pâtes carbonara, ça te dit ?" "Euh, ouais... merci. J'adore ça". Il me sourit, un air moqueur et mystérieux sur le visage, et dit en riant à moitié "Je sais !". J'allais le remercier lorsque je me rendis compte d'une chose :

Il pouvait lire mes pensées.

*

Le jour de cette soirée de promo arrive bien vite, un peu trop vite à mon goût d'ailleurs. Je n'avais plus eu de nouvelles de Nabeth depuis un moment et je me demandais ce qu'elle pouvait encore bien fabriquer. Mias là, j'enfilais ma robe avec délicatesse et me demandais ce que Sechan allait bien pouvoir penser de moi. Lorsque je sortis de la pièce, prête, il tourna ses yeux verts vers moi et je vis un air surpris se dessiner sur son visage. "Wahouu ! Lelfya !" souffla t-il, me faisant changer de couleur. "C'est bizarre, non ?" "Pas du tout ! Tu es tout simplement..." il se mordit la lèvre, et lâcha "Sublime..." je sentis mes oreilles légèrement plus longues que la norme devenir rouges elles aussi. Je détournai les yeux, gênée, et mes bijoux tressautèrent. Lui-même était magnifique dans son costume acheté spécialement pour l'occasion. Je n'en revenais pas de le voir aussi élégant... Il m'invita à le suivre, me faisant monter dans une voiture qui s'avéra être la sienne, et conduisit en tentant de me faire peur. Quand il s'arrêta, je relevais la tête, surprise. "On est arrivés ?" "Oui". Je lançais un regard autour de moi : ce n'était pas l'idée que je me faisais d'une soirée de promo d'un auteur aussi connu que Maxime Chattam. Il me sourit et me fit sortir de la voiture, faisant attention de ne pas froisser ma robe en enjambant la marche. Mais lorsque nous arrivâmes dans la salle, les gens fixèrent leurs regards sur moi. Enfin, plus précisément sur nous... Sechan m'invita sur la piste, allez savoir pourquoi il fallait danser, et je me sentis légère, comme une gazelle ! Je ne sais pas pourquoi cela m'a tant perturbée...

Mais je ne me souviens pas du reste de la soirée.

Par lelfya-sechan.over-blog.com
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Sechan bannière par Zayah

 

Lorsque j'ouvris les yeux, elle était à mes côtés, une expression indéchiffrable sur le visage. Je me redressais en lui adressant un de mes plus beaux sourires. "Tu es levée depuis longtemps ?" "Je... je n'ai quasiment pas dormi..." m'avoua t-elle. Même sans me le dire, elle n'aurait pas réussi à me le cacher ; des cernes sombres descendaient sous ses yeux d'un or brillant. "Tu as cauchemardé ?" demandais-je, la voix un peu inquiète. Je rejetai le drap qui se trouvait sur mon corps et je la vis détourner le regard, presque affolée. "Non, marmonna t-elle, j'avais un peu trop chaud je crois. J'ai pas réussi à dormir et voilà." Elle tourna les talon et je bondis sur mes pieds pour la rattraper. "Lelfya !" m'écriai-je en trébuchant sur le tapis. Elle pressa le pas et je lui attrapais le bras. Presque aussitôt, je la bloquais contre le mur du couloir et elle me lança un regard meurtrier. "Sechan, laisse-moi passer !" "Un deal, tu me dis où est le soucis alors !" "Qu'est-ce que ça peut te faire que j'ai mal dormi ?!" Je levais les yeux au ciel, las, et dit sur un ton de reproche : "Arrête de te trouver une excuse : avoir chaud est un peu faible pour réussir à se tirer d'affaire avec un argument aussi stupide" En reportant mon regard sur elle, je vis qu'elle était sur le point de me tuer sur place. Je raffermis ma prise sur ses poignets et un petit sourire se dessina sur mes lèvres, presque moqueur, amusé de la voir dans une posture aussi inconfortable. "Les démons sont des êtres pervertis qui s'attaquent sans scrupule aux âmes les plus fragiles. Tu es un monstre Sechan !" cracha t-elle avec un air furieux. Mon air narquois se dissipa aussi vite qu'il était apparu et elle me repoussa violemment, réussissant à me déséquilibrer. "Laisse-moi." dit-elle en me fixant droit dans les yeux. Je me laissais tomber contre le mur tandis qu'elle allait dans le salon.

"Pourquoi ?"

*

Les jours suivants, elle fut plus que jamais distante. Elle ne parlait pratiquement plus, ne m'accordait aucun regard, me fuyait presque. Comme c'était rageant ! J'avais voulu l'aider et elle me repoussait sans cesse ! Un profond fossé s'était crée entre nous et je ne trouvais aucun moyen pour y remédier. Mais hier, j'ai cru recevoir un poignard dans le coeur... elle a refusé de s'alimenter avec ce que je venais de lui préparer, s'est complètement assise à l'opposé de moi... et le pire fut lorsque je l'effleurais, elle s'enferma dans la salle de bain et prit une longue douche. Mais tout semblait flou dans sa tête, rien de bien concret... bizarrement, j'avais l'impression que Nabeth y était pour quelque chose. Je deviens fou de ne pas réussir à faire changer Lelfya sur mon compte !

Pire que fou même...

*

Une masse venait de me tomber sur la tête. Dans les tiroirs contenant quelques photos, un tiroir où je cherchais simplement de quoi écrire, j'ai découvert ce qui troublait ma Princesse Elfique : une simple lettre dont les paroles resteront à jamais ancrées dans mon esprit. "Très honorable Princesse Lelfya, Héritière du Royaume des Elfes, je vous approche avec cette simple lettre pour vous faire une annonce : il n'est pas celui que vous croyez être, il vous manipule. Les êtres dans son genre ne cherchent qu'à assouvir leur vengeance sur des créatures aussi nobles que vous, et s'il utilise d'aussi belles paroles, c'est simplement pour vous avoir dans ses filets. Et méfiez-vous...". Cette fichue lettre était bien évidemment anonyme, et on se doutait bien qui était le "il" dont la personne parlait. Cela voulait donc dire que Lelfya n'était pas la seule à savoir que j'étais un démon... et cette personne me faisait passer pour ce que je n'étais pas, et ne serai jamais ! La colère me brouillait la vue lorsque je me rendis compte de la couleur âcre de l'encre, ce qui me fit frémir d'horreur ;

Du Sang.

*

J'avais décidé de ne rien dire à Lelfya, de peur qu'elle ne s'emporte une fois de plus contre moi. Je ne voulais pas l'ébranler encore plus avec cette lettre de mes deux. Ce matin, elle reprenait son travail dans son restaurant et, alors qu'elle sortait de sa chambre, j'étais déjà prêt. "Tu vas quelque part ?" me demanda t-elle, méfiante. "Hum hum, je te conduis" je la vis immédiatement se figer et sans lui laisser le temps de répondre, je posais un doigt sur ses lèvres. "Aucun bus ni métro aujourd'hui, comment veux-tu faire autrement ?". Elle me repoussa, une flamma dansant dans ses yeux de fauves. Je lui décochais un sourire étincelant et, furieuse, elle passa devant moi et sortis de l'appart', furibonde. Mort de rire, je refermais la porte et la poursuivis à moitié dans les escaliers, l'ascenseur étant (Encore !) en panne. Dans la voiture, elle ne me regarda pas une seule fois et je m'amusais à scruter ses pensées. "Pronfiteur" fut le premier mot que je perçus et un petit rire m'échappa. Elle braqua ses yeux dorés sur moi mais je ne m'arrêtais pas pour autant de rire. "Quoi ?" fit-elle, énervée. "Rien du tout !" pouffais-je. "Alors ferme-là !" "Et parle sur un autre ton !" " Je te parle sur le ton que je veux !" "Sûrement pas ! Je ne risque pas de te laisser parler ainsi !" Elle ouvrit de nouveau la bouche mais, ne sachant que répliquer, la referma. Je lui jetais un regard triomphant et elle donna un coup de pied rageur sur la moquette de la voiture. "Je te hais !" s'écria t-elle. Je stoppais devant le restaurant, hilare, et juste avant qu'elle ne sorte je lui murmurai "Fais attention à toi". Elle me considéra de ses pupille en or et finit par hocher la tête.

Si j'avais su...

*

Le soir, je descendis de la voiture, mon insolent sourire sur mes lèvres. J'étais tout de noir vêtu et j'avais eu besoin de recoiffer ma mèche devant mes yeux qui semblaient briller plus intensément. Je traversais la rue pour pousser la porte du restaurant et là, je me figeais de stupeur. Nabeth se tenait devant Lelfya, accoudée à la caisse. L'elfe aux longs cheveux d'ébènes eut un magnifique sourire en me voyant et lança "Sechan ! Comme je suis contente de te voir !" Lelfya se crispa et j'enlevais mes lunettes, rageur. "Que viens-tu faire ici ?!" " Je suis simplement venue vous voir, toi & Lelfya ! Cela ne te fait pas plaisir ?" Je lui jetais un regard perçant et crachais "Pas le moins du monde !" Son petit air suffisant s'effaça peu à peu et elle dit "Trêve de plaisanterie, j'ai ordre de m'occuper de Lelfya" Ses mots me heurtèrent de front et je m'écriais "Pas question !" "Sechan, tu ne sais pas ce qui l'attends avec toi. Je peux te jurer qu'elle souffrira moins avec moi qu'avec toi !". Je m'approchais de Lelfya et Nabeth recula instinctivement, sa bouche se tordit en une grimace et elle dit doucement "Sechan, si tu savais ce qui risque d'arriver... tu n'aurais aucune hésitation. Choisis le moins dur !".

Je pris Lelfya par les épaules et soufflai "Je la choisis, elle."

*

De retour dans l'appartement, je posais ma veste noire sur le canapé et regardais le salon. "Lelfya, ça te dirait de refaire un peu la pièce ? Parce que là..." elle ne daigna pas me regarder et lança "Je te rappelle que je suis étudiante ! Je ne peux pas me permettre ça !". Je haussais les épaules, désinvolte, et lui jetai un coup d'oeil. Elle semblait encore bien tremblante et secouée ; presque aussitôt, elle s'effondra sur une chaise et regarda devant elle, les yeux vides. "Lelfya ?" demandais-je, timidement. Elle ne me répondit pas, comme absente, et je m'approchais doucement d'elle. Elle effleurant sa chevelure brune, elle m'évita et bondit vers le balcon. Je restai figé au même endroit, incapable de dire un mot : elle semblait si fragile... je la vis inspirer à fond et elle toussa, l'air pollué semblant la dégoûter. Je sortis à pas de loup et restais derrière elle, ne sachant que penser de cette scène un peu étrange. Un démon s'inquiétant pour une elfe ? Idiote scène de ma vie. Voyant qu'elle tremblait, je passais mes bras autour de ses épaules, espérant la réchauffer, bien que l'air était chaud. Un silence éloquent s'ensuivit, jsuqu'à ce qu'elle ne le brise : "Sechan ?" "Hum ?" "Merci." Je la regardais, surpris. "Euh... ben, de rien..." bredouillais-je. Elle leva les yeux vers moi et, déstabilisé, je me perdis dans ses prunelles. Je me mis à contempler ses traits fins et je passais une main dans sa chevelure soyeuse, fasciné. Sortant de ses pupilles d'un Or pur, je vis un sourire timide et incertain se dessiner sur ses lèvres. Perdant toute notion de prudence, je me penchais sur elle et effleurais tendrement sa bouche de la mienne, avant de sentir la belle elfe se détendre légèrement. Soudain, elle m'embrassa avec une douceur incomparable et je sentis ses mains sur ma nuque. Le souffle coupé, je me cognais contre le mur juste derrière moi.

Je ne pensais plus, je ne voyais plus...

*

Lorsque je me levais, Lelfya était dans le salon, recroquevillée sur le canapé. Je m'étirai comme un chat, ébouriffai mes cheveux et m'assit à côté d'elle. "Salut !" lançais-je en passant un bras autour de ses épaules. J'embrassais son cou et elle se raidit aussitôt. Surpris, je fronçais les sourcils et reculais. Je la regardais devenir rouge et demandais, légèrement désemparé :"Tu as encore cauchemardé ?". Je penchais la tête, intrigué par l'expression de son visage, et la vit secouer la tête, ses cheveux cachant ses joues cramoisies. "Je deviens folle" J'arquais un sourcil "Ah bon ?" "Oh que oui, il est temps que les cours reprennent". Je haussais les épaules et baissais les yeux sur ses lèvres. Le souvenir de la veille était encore fort... Mais je devais avoir une lueur un peu trop avide dans les yeux car elle détourna le regard, coupant court à ma contemplation. Elle se leva vivement, me sortant de mes pensées, et enfila ses baskets ainsi que son écharpe noire. Je lui attrapais la main à la hâte et fit "Lelfya !" sur un ton qui me semblait un peu trop étonné. La belle elfe me regarda et eut un sourire d'excuse, ses joues reprenant peu à peu leurs couleurs normales. "Pas maintenant, je ne peux pas". Je laissais retomber ma main sur le canapé, perplexe. Avant que je ne pose une question, stupide ou pas, je la vis sortir du studio, me laissant seul dans le salon. Lorsqu'elle revint, une heure plus tard, elle s'effondrait devant la télé et s'endormit sur la tapis où je la pris dans mes bras pour la déposer dans sa chambre.

Durant cette heure, je ne savais pas où elle était.

Par Marik, Lelfya & Sechan forever...
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Nabeth par Zayah

Mon irruption au restaurant de la Princesse des Elfes avait eu l'effet que j'escomptais, mais pas le résultat. Sechan avait bien réagi comme je le pensais : il n'avait pas voulu me laisser Lelfya. "Evidemment, ça, je le savais !". Il était totalement impossible qu'en disant simplement "Je peux te prendre Lelfya ? Je ne la toucherai pas, promis, je me contenterai de m'en occuper personnellement..." il se laisserait faire. Cela ne pouvait évidemment pas marcher. Mais le fait d'arriver au restaurant seule, non armée et sans crier l'a un peu destabilisé. Et Lelfya ne savait plus quoi faire ! Heureusement que je ne lui ai pas expliqué ce qui risquait d'arriver... si elle savait, elle se serait aussitôt évanouie. Mais Sechan ne sait pas du tout ce qui risque d'arriver, moi-même je n'en connais que les grandes lignes. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir besoin d'elle, et ce qui l'attend au Palais sera très certainement bien pire que tout ce que je peux lui préparer. J'avoue ne pas vouloir du bien de Lelfya, elle qui était ma meilleure amie, ma presque soeur. Ary était trop bon pour la mériter, la brillante Lelfya ! Elle ne lui arrivait pas à la cheville, et n'y arrivera jamais. Plutôt que de pleurer mon amour perdu, je voulais lui faire comprendre toute la haine que j'éprouvais envers elle et la colère qui m'embrasait. Chaque fois que quelque chose me faisait penser à Lelfya, j'avais une soudaine envie de meutre. Je l'ai, d'ailleurs, encore assez souvent... Et pour parfair ele tout, ce séduisant Sechan, bien qu'il soit démoniaque, était en train de tomber dans ses filets ! Je n'avais pas vraiment envie que Lelfya soit collée à cet idiot, et je m'en moque de toute façon : je réussirai à avoir ces deux-là, d'une façon ou d'une autre.

Une vengeance.

 

*

 

Je ne savais plus trop quoi penser. Aujourd'hui, j'ai reçu une lettre, qui disait très exactement que je devais lâcher Lelfya et Sechan pour partir sur les Contrées Perdues. J'avoue que cela me rend toute perplexe... laisser tomber ma mission initiale ? Surtout lorsque je ne connais pas mon interlocuteur, celui qui semble tirer les ficelles ? Cela me semblait un peu inconcevable. Très même. Mais je me devais de faire attention aux mises en garde... sur cette lettre était noté "Si vous ne respectez pas les clauses, nous nous occuperons personnellement de vous, et ceci le plus rapidement possible. En espérant que cela soit clair". Que devais-je donc faire ? Devais-je obéir aveuglément à ce personnage inconnu ou risquer d'y perdre la vie en ne respectant pas "les clauses" ?

Je tournais la tête vers l'appart' et passais la langue sur mes lèvres gercées.

Par Marik, Lelfya & Sechan forever...
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Lelfya bannière par Zayah

 

Je me levais de bonne heure, prête à en découdre avec la journée, et m'asseyais à table en baillant à m'en décrocher la machoire. J'avais rêvé, toujours un rêve désagéable, et j'attrapais aussitôt le bol disposé sur la table. Comme tous les matins depuis qu'il était arrivé là, Sechan m'avait préparé mon déjeuner et les tartines grillées fumaient sur le coin de la table. Je pris le pot de chocolat à tartiner et commençais à manger. Soudain, la porte d'entrée claqua et je sursautais, surprise. Je vis Sechan entrer, secouant ses cheveux noirs, et enlevant son blouson sombre. Instinctivement, je remis mes jambes contre moi et évitais de le regarder dans les yeux. Nullement gêné, il m'embrassa sur la joue et me lança un "Bien dormi ?" qui me fit passer un frisson dans le dos. Sa voix était assurée et puissante, presque ensorcelante... je secouais la tête, chassant ces pensées étranges de mon esprit, et hochais doucement la tête, en profitant pour cacher mon visage derrière mes longs cheveux sombres. "Oui, & toi ?" "Plutôt, oui" puis, il me fixa. Gênée, je répondis un petit "Quoi ?" et il pencha la tête sur le côté. "Tu mens toujours autant, ma belle. Tu mens, et j'ai l'impression que tu continues de te détruire. Ai-je tort de penser ça ?" Je le fixais, interdite, et m'apprêtais à répliquer une cinglante réponse lorsqu'un bruit innatendu se fit entendre dans la pièce. "Ouaf !". J'ouvris de grands yeux et le fixais, abasourdie. "Sechan ?" "Lelfya, je peux t'expliquer, mais d'abord..." il n'eut en rien le temps de terminer sa phrase qu'un chien de type Basset me sautait dessus, manquant de baver sur mon tee shirt. Je reculais et fusillais le démon du regard. "Qu'est-ce que c'est que ça ?! Un chien ?! Tu te fiches de moi ?!" "Lelfya..." Je ne lui laissais pas le temps de parler que le chien me bondit dessus, me regardant de ses grands yeux noirs. "Lelfya, il était seul. Il était mignon, il crevait de faim. Il est peut-être moche, mais je m'en fiche. On ne doit pas aider ceux qui sont dans le besoin ?" Je lui jetais un regard de tueuse et crachais "Il est, il est... tout simplement..."

Soudain, le chien croisa plus profondément mon regard, et je changeais d'avis. Il baissa les yeux, ses oreilles frémissantes. "Il est adorable !" m'écriais-je en le serrant contre moi. Sechan me lança un oeil médusé tandis que je riais de plus belle.

Je ne savais pas encore quelle idée il avait derrière la tête.

 

*

  

Je regardais par la fenêtre, la poudreuse blanche tombant sur le rebord du balcon. Je frissonnais de plaisir, trouvant cet amas de neige magnifique, et Michaelis se colla contre mes jambes, sa truffe collée contre le vitre. Je m'accroupis et caressais affectueusement sa tête. Je ne savais toujours pas pourquoi Sechan l'avait pris, mais je m'étais attachée à lui. Il tourna ses yeux noirs vers moi et je compris qu'il voulait sortir. "Pas maintenant" dis-je en me relevant. Je me retournais et vit Sechan sortir de la salle de bain, ses cheveux noirs encore humides à cause de la douche qu'il venait de prendre. J'allais lui proposer de sortir le chien, qui n'attendait que ça, lorsque je remarquais qu'il était torse-nu. Je bafouillais, m'empourprais, et je finis par me retourner, tremblante. Il éclata de rire tandis que je laissais ma main glisser sur la vitre. "Ce n'est pas drôle ! Tu n'as pas le droit de faire ça ! Surtout devant une femme !" "Bien sûr que si, tu m'en as donnée la permission..." Je laissais un silence tomber entre nous et je finissais par marmonner "En plus, je suis sûre que tu ne me considères même pas comme une femme, je suis trop jeune pour en avoir l'air, n'est-ce pas... ?". Il éclata d'un rire cristallin qui me fit frémir d'angoisse. Il se rapprochait doucement tandis que je tentais de me calmer. Ses doigts passèrent dans mes cheveux et je me raidis. Il eut son rire qui devint amer et s'effaça, retournant dans la salle de bain. Avant qu'il ne reparte hors de ma vue, je vis ses yeux verts me transpercer derrière une longue mèche noire. Mon coeur se serra ; ces derniers mois nous avaient beaucoup rapprochés, sans pour autant nous pousser à l'être trop. Je ne me sentais pas prête et la simple idée de ce que cela produirait comme effet sur les gens me faisait peur. Je dessinais une étoile dans la buée et fermais les yeux. Une seule envie s'emparait de moi :

celle de pouvoir faire les bons choix.

 

*

 

Michaelis partit comme un fou dans la neige glacée, son écharpe lui enserrant le cou pour tenter de le maintenir au chaud. Se roulant dans la poudreuse, il aboya et tourna les yeux vers nous. J'éclatais de rire tandis que Sechan croisait les bras sur son torse musclé. Il était encore plus pâle qu'à l'ordinaire et dégageait une inquiétante aura, chose inhabituelle pour lui. Mes bottes s'enfonçaient dans la neige et le froid me mordait la peau, rougissant mes joues. Nous étions au beau milieu de Paris, devant la Tour Eiffel, à 23 heures. Etrangement, y avait très peu de monde, mais la ville-Lumière faisait honneur à son surnom : les décorations de Noel brillaient de mille Feux, les Galeries Lafayette illuminaient le Boulevard Haussmann et la Tour Eiffel rayonnait, splendide, prête à défier la Lumière des étoiles. Paris était une ville de légende, ville célèbre, ville d'artistes et de créativités, les plus belles oeuvre réunies en cette capitale. Paris était mienne. Mon exaltation était telle que mon coeur cognait violemment contre ma poitrine et ma groge tentait de réprimer le hurlement de joie que j'avais envie de pousser. En riant, je courrais après le basset et mon écharpe s'envola, laissant le froid s'engouffrer dans ma veste. Je me retournais, haletante, et vis Sechan qui ramassait mon écharpe. Je ne sus si ce fut l'euphorie ou autre chose, mais l'idée de lui sauter au cou me vint à l'esprit. J'étais heureuse, la neige tombait sur mes péaules, et je me jetais entre les bras de l'homme aux yeux d'émeraude. Surpris, il me regarda avec des yeux immenses tandis que je riais de plus belle. Soudain, son expression changea et il me considéra avec une mine grave. Brisant ma joie, je lui dis doucement "Ai-je fait quelque chose de mal ?" avec une pointe d'appréhension dans la voix. Il passa ses mains autour de mes épaules et murmura lentement "Je vais devoir te parler" avec une voix aussi blanche que la neige qui déjà nous recouvrait.

 

*

  

Sa révélation m'avait littéralement assomée. "En es-tu sûr ?" dis-je pour la énième fois depuis qu'il me l'avait annoncé. "Pourquoi te mentirais-je ?" rétorqua t-il avec hargne. Je le fixais, scandalisée. "Désolée" bredouilla t-il en baissant les yeux, évitant ainsi de me regarder en face. Il sortit de la pièce, plus vif qu'un éclair, me laissant seule avec mes questions. Il m'avait sommée de préparer mes affaires pour partir d'ici le plus vite possible. "Nabeth est partie. N'as-tu pas remarqué que depuis quelques temps, tout était beaucoup plus calme ?" m'avait-il dit. "Sechan ! Tu veux rejoindre... Nabeth...". Silence de sa part. "Mais, et moi ?!" m'écriais-je. Il me lançait un regard interloqué tandis que je me sentais perdre patience. "SECHAN !" hurlais-je. Il s'était lentement approché de moi, puis m'avait enlacée et regardée droit dans les yeux. "Cesse de te faire des idées, je te l'ai déjà dit. Nabeth est l'elfe la plus déloyale que j'ai jamais connue et je ne peux la supporter. Jamais je ne te laisserai au profit de cette belle traîtresse". Je le laissais passer ses bras autour de ma taille, me presser contre lui et embrasser mon front. Cramoisie et tremblante, je n'osais même pas lever les yeux vers lui, honteuse de cette méprise. Je sentis son souffle passer près de mon oreille pointue et il me murmurait doucement "Tiendras-tu encore longtemps ?". Tel un bourreau torturant sa victime, un vautour attendant que son dîner ne succombe pour mieux s'en prendre à lui. J'enfouissais mon visage dans son cou, ayant l'envie de hurler toute l'amertume que mon coeur contenait. "Nous sommes biens cruels... mais tu avais raison ; les démons sont des êtres pervertis.". Je sentis mes mains s'accrocher desespérément à la chemise blanche qu'il portait et je voulais m'imprégner de son être tout entier, en être tellement proche qu'un effleurement serait tel une souffrance lointaine, le regarder jusqu'à ce que j'en perde la vue. Mais je ne veux pas, je ne peux pas.

"Nous allons partir"

 

*

  

Les affaires étaient bouclées, rangées par ordre de taille. Sechan était en train de regarder le salon qui se vidait peu à peu, et je savais bien que cela lui faisait mal. C'était comme une page qui se tournait pour nous, un nouveau changement. Je posais ma main sur son bras, les larmes semblant prêtes à jaillir de mes yeux. Il me regarda et marmonna "ça ira" d'une voix légèrement sombre. Je préférais hocher la tête en regardant Michaelis qui, perdu, passait d'une pièce à l'autre en dodelinant de la tête, plutot que de répondre de vive voix que plus rien ne pourrait être pareil. Le chien s'arrêta devant moi et gémit, tel un chiot. Je le pris dans mes bras, grattais sa tête. Sechan tourna les talons, le dos raide, et je regardais une dernière fois la vue que m'offrait la fenêtre avec balcon : Paris, la ville qui m'avait vu devenir plus adulte en quelques mois, Paris et ses subliminales décorations et illuminations, Paris et son prestigieux Louvres, Paris et toute la pagaille que sème cette ville de légende aux rues romantiques. Paris était une étoile tombée accidentellement des Cieux, un magnifique cadeau de la part des Dieux. Quitter Paris était pour moi une pure souffrance, quelque chose que j'allais regretter toute ma vie, de toute mon âme. J'aimais Paris. Vraiment. Et c'est le coeur au bord des lèvres que je quittais la pièce, complètement meurtrie.

 

*

  

Je sortis dans la rue, rejoignant Sechan qui paortait son beau manteau de cuir. Les cheveux ébouriffés et le teint blême, il n'avait franchement pas bonne mine. J'avais recouvert Michaelis, chose que je trouvais complètement absurde étant donné que c'était un animal avec du pelage, mais que j'avais fait sur ordre de Sechan. Tout le mystère qui entourait ce chien ne faisait que s'épaissir d'avantage. "Sechan, je..." commençais-je avant de brusquement m'arrêter. Il venait de se tourner vers moi, ses yeux verts habituellement pétillants étaient fixes, et entre ses lèvres était accrochée un cigarette à moitié consommée. L'odeur m'en emplit les narines, mes sens étant beaucoup plus sensibles que ceux des humains, et le besoin pressant de la lui arracher de la bouche me brûlait les doigts. En voyant mon air réprobateur, il eut un air fatigué et me lança "Ne t'en fais pas, ça ne me tuera pas. Je sais que c'est normalement proscrit, mais j'ai besoin de décompresser un peu." "En te fumant une clope ?" répliquais-je, énervée. "Exactement. Je te signale que je ne suis plus un bébé et que je sais ce que je fais." Je haussais les épaules et il écrasa le mégot contre une poubelle dans laquelle il le jeta. La voiture tournait déjà, nos affaires étaient à l'intérieur, et j'eus un pincement au coeur. Allais-je un jour revenir dans cet endroit somptueux ? Seul l'avenir pouvait me le dire. Et le temps... ces deux formes insoutenables de notre vie, des choses nébuleuses et souvent capables de changer très rapidement. "On va où ?" demandais-je d'une petite voix. "Je pense que tu le sais. Là où tout à commencé." Après ses paroles bien mystérieuses à quiconque ne nous connaitrait pas, je grimpais dans la voiture, jetant un dernier regard à l'appart où s'étaient déroulées tant de choses. Je calais la tête contre le siège et crispais les paupières. Et je sais que derrière ses lunettes noires, Sechan devait avoir le coeur gros et les mêmes paroles de chanson que moi en tête...

 

Je rêvais d'une autre terre

Qui resterait un mystère...

Une terre moins terre à terre

Oui je voulais tout foutre en l'air !

 

 

TELEPHONE, extrait de "Un Autre Monde", 1984

 

*

 

Lorsque j'ouvris les yeux, je ne savais pas tout à fait où nous étions. Mais quelque chose de familier semblait m'entourer... Vive comme l'éclair, j'ouvris les yeux et dégainais mon poignard que je plaquais sur la peau laiteuse de la personne qui se trouvait devant moi à mon réveil. "Lelf', c'est moi..." Ma vue d'elfe se remis en place, effaça les derniers recoins flous du paysage, puis le visage de Sechan se dessina devant moi, lentement. Confuse, je retirais la lame de sa gorge. "Désolée, mais je ne suis pas tout à fait à l'aise. Peut-être parce que..." Il me regarda avec tendresse tandis que je me renfonçais dans mes draps, faisant comme si je ne voyais pas son regard me loucher dessus. "Où sommes-nous ?" demandais-je avec une voix incertaine. Il avança la main vers mon front, tâta ma peau et murmura "Le changement de terrains ne te convient pas, tu es toute fiévreuse. Il faudra que tu fasses attention à toi." Je repoussais sa main et serrais mon poing. La lumière blanche que je possédais illumina mes paumes tandis que Sechan ne cessait de fixer mes doigts, un mélange d'admiration et d'angoisse dans ses yeux d'émeraude. Emerveillée, je ressentais à nouveau les effets de la magie dans mon corps. Mon esprit se laissa submerger par cette puissante vague de pouvoirs et je rejetais les cheveux en arrière, me sentant plus forte. Sechan serra ma main dans la sienne, un large sourire suspendu sur ses lèvres, et il me murmura "Bon retour chez toi, ma Lelfya. Bon retour dans les Contrées Perdues..."

*

 

A partir de maintenant, je n'étais plus la discrète Lelfya, étudiante de Paris, mais la célèbre Princesse Elfique, fille du Roi et de la Reine du monde des Elfes. Mes actes allaient redevenir royaux, mes tenues allaient être copiées, mon visage allait de nouveau être adulé. C'était une des choses qui me déplaisaient le plus dans ce monde : sans cesse être épiée pour être copiée. J'enfilais un jean simple avec un pull légèrement échancrée. Sechan, appuyé sur le mur, releva la tête en m'entendant arriver près de lui. "Ce n'est pas digne d'une Princesse des Contrées Perdues de porter des vêtements aussi simples" "Sechan, je n'ai pas l'intention de me mettre dans d'autres vêtements pour le moment, ni d'annoncer mon retour sur ces terres". Il me jeta un oeil sceptique et dit d'une voix enjouée "Si tu penses que ta venue ici passera inaperçue, tu te trompes. Que tu le veuilles ou non, tu redeviendras la Princesse Lelfya" "Sechan, ne parle pas de malheur. Je n'ai pas vraiment envie de me faire voir : tu as vraiment envie de te faire remarquer toi ?" fis-je en penchant la tête. Il haussa les épaules, peu convaincu.

*

 

Nous partîmes de cet abri assez tôt, le lendemain matin pour être plus précise. Le chien me suivait comme son ombre et la neige continuait de tomber, scintillante, autour de nous. Dans une atmosphère calme et douce, Sechan et moi avancions à une allure lente et calculé. D'ailleurs, il était en permanence aux aguets, craignant pour moi. Alors que je choisissais de la nourriture pour que l'on puise subsister un peu, j'avais mis un capuchon pour me protéger du froid qui régnait autour de nous et me rougissait le nez et les joues. Je finis par rassembler mes trouvailles et les tendis au marchand qui, machinalement, me dit le prix puis attendit que je le paie. Lorsque je lui glissais les pièces de monnaie dans la main, il leva les yeux vers moi. La stupeur se lut soudain sur son visage tandis qu'il s'écriait "Vous ! Ici ?! C'est impossible !". Je reculais, surprise, et il s'inclina maladroitement, fébrile, avant de scander "Toutes mes excuses, Princesse Lelfya, j'aurais du mieux vous servir. Mes hommages le splus sincères !" avant de me fixer dans les yeux. Mes yeux ! C'était ça ce qui avait du me trahir ! Très peu de personnes possédaient un tel regard. "Sechan !" hurlais-je, complètement paniquée. Il me tira hors du magasin et nous courûmes à perdre haleine jursqu'à nos montures, empruntées à une ferme voisine. Nous sortîmes à toute vitesse de la ville avant que la nouvelle se répande. Mais je savais que l'anonymat n'allait plus durer longtemps...

*

 

En effet, le lendemain, mon retour était connu de tous. Il avait fallu qu'un marchand me voie pour que je sois rendue connue de tous. Partout où j'allais, les enfants me regardaient avec des myriades d'étoiles dans le syeux et les parents multipliaient révérences et salutations distinguées. Tant de choses futiles qui me rappelaient une bien sombre époque. Et ce qui devait forcément arriver arrivà : nous reçûmes un garde du Palais, le Palais de mes parents, qui se fit le plaisir de me donner une invitation officielle. Les règles de ce monde permettent de refuser une invitation officielle, mais à quel prix ! Je n'avais pas envie de qu'une guerre mondiale n'éclate sur ce monde. Je du donc accepter, et je savais que nous allions nous rendre au palais dans les 2 prochains jours. Deux jours ! A la fois long et horriblement court, tel le châtiment qui doit arriver mais pas encore assez rapidement, vraiment pour faire durer le supplice encore plus longtemps...

Par Marik, Lelfya & Sechan forever...
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Sechan bannière par Zayah

 

Allongé sur le lit, je regardais le plafond avec l'impression d'être pris au piège. Depuis notre retour dans les Contrées Perdues, rien ne se passait come prévu. Lelfya s'était déjà faite reperer, nous allions devoir aller dans son ancien Palais et affronter ses parents. Rien de tout cela ne me convenait. Je ne voulais pas devenir le joujou du Roi, ce qui allait très probablement se passer lorsqu'il me verrait. Il allait me faire porter responsable des actes monstrueux que d'autres ont pu commettre dans le passé. Je serrais les poings, furieux, et mordis immédiatement le coussin où était censé reposer ma tête. Je sentais bien que mon entrée au Palais n'allait pas bien se passer, mais nous ne pouvions faire autrement. Beaucoup trop de monde nous avait vu ensembles et auncun ne se posérait pas la question de savoir où je me trompe si ce n'est avec Lelfya. De plus, même si je l'avais voulu, je ne pourrais l'abandonner. Ni mon coeur, ni ma raison ne pourrait s'y résoudre. Je me devais d'être avec elle, quels que soient les reproches que l'on pourrait m'adresser, les souffrance à endurer et les obstacles à surmonter. Je ne la perdrai pas, coûte que coûte.

 

*

 

Ce fut un véritable carosse qui vint nous chercher. Moi qui étais habitué à l'ombre, je ne me sentais pas à l'aise dans ce moyen de locomotion. Monter à cheval était quelque chose de bien plus naturel pour moi. Assis sur la banquette de ce flamboyant carosse, je préférais regarder par la fenêtre tandis que Lelfya me regardait fixement. Je finis par jeter un oeil et vit sa mine quelque peu inquiète. "Ne t'insquiète pas, tu n'as rien à craindre. Pourquoi avoir peur de tes parents ?" tentais-je de la rassurer. "Il n'y a pas que a qui me fasse peur... quelle sera leur réaction quand ils te verront ?" répondit-elle, légèrement crispée. Je me tus, surpris, et un sourire amusé finit par animer mes lèvres. "Aurais-tu peur pour ma personne ?" demandais-je, hilare. Elle devint un peu plus rouge et bafouilla tout bas "Oui, c'est le cas. Je n'ai pas envie que quelque chose de facheux ne t'arrive..." "Me ferias-tu des aveux ?" fis-je en croisant les mains derrière la nuque, plissant les yeux. Elle ne répondit, sûrement trop timide pour oser donner une réponse. Je souris plus largement : c'était ainsi que je l'aimais. Douce et fragile, trop pudique pour oser dévoiler une parcelle de ses sentiments. L'envie de la serrer contre moi me passa à l'esprit et je me levais d'un bond pour m'installer en face, à sa gauche. Mais avant d'avoir pu esquisser le moindre geste, elle me lança un regard désespéré et montra le cocher. Je haussais les épaules, silencieux, et elle attrapa ma main. "Sechan, lorsque nous serons au Palais, comporte toi en tant qu'ami. Je ne voudrais pas que cela soit... dévoilé au grand jour. Je t'en prie, préserve ce secret jusqu'à ce que je sois en mesure de le gérer... pour notre bien." Ses yeux étaient bien trop suppliants pour que je puisse refuser. De plus, je n'avais aucune envie de de la mettre dans l'embarras. Elle sourit en guise de remerciement, et me promis qu'elle arriverait à le faire comprendre à ses parents. En scrutant ses pensées, je su que c'était vrai.

 

*

 

Lorsque le cocher nous annonça que nous étions arrivés, je me sentais plus que jamais énervé. J'avais à la fois envie de rencontrer les souverains des Terres Elfiques des Contrées Perdues, mais je savais que cela allait être décisif pour moi. Lelfya descendit la première et le cocher m'invita à sortir. Avec un peu d'appréhension, je sortis de la voiture de transport et suivis Lelfya à l'intérieur, déjà entourés de nombreux gardes du Palais. Nous fendîmes la foule oppressante telles de grandes célébrités et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, nous nous retrouvâmes devant les souverains Elfiques. Tout le respect que je devais aux dirigeants des Contrées Perdues m'obligea à m'incliner devant leur puissance. Lelfya fit une profonde révérence face à ses parents qu'elle n'avait plus vus depuis déjà bien longtemps. Et quand la voix du Roi des Elfes résonna dans la salle, nous ordonnant de de nous relever, je savais que celui-ci allait me jauger.

 

*

 

Je levais les yeux vers ceux qui avaient conçu celle que j'aimais. Un sentiment d'infériorité me fendit aussitôt le coeur tandis que je me rendais compte à quel point j'étais misérable. Le Roi, Priaps, possédait un visage aux traits doux, aussi doux que ceux de sa fille. Ses yeux aux couleurs des forêts scintillaient sûrement plus forts que les miens qui ressemblaient à deux émeraudes, tandis qu'une crinière de cheveux sombres retombait sur ses épaules et son dos. La Reine Arthiny, quant à elle, était d'une flamboyante beauté qui manqua de me faire chavirer : des grands yeux d'ambre illuminaient son juvénile visage qui était pâle comme de la porcelaine et sa longue chevelure chocolat était remontée en une coiffure compliquée dont seuls les elfes possédaient le secret. On voyait toute la pureté qui émanait de sa personne se répercuter sur le phyisque de sa fille. Lelfya avait été conçue par deux personnes spécialement belles et attirantes, de quoi faire de la Princesse Elfique une beauté à en couper le souffle. Je ne savais plsuq ue dire ni que faire, subjugué par la noblesse des traits de cette si puissante famille. "Ma très chère fille, Lelfya Cyon Nowlan, Princesse des Terres Elfiques, c'est un véritable bonheur de te revoir parmis nous" dit le Roi en regardant sa fille. Sa voix semblait trembler d'émotion. "Je vous en remercie, Père, mais je préfère que modestement vous m'appeliez Lelfya, ainsi me surnomment mes plus proches amis" dit-elle sans ciller. Le Roi arqua un sourcil, étonné, et la Reine sourit. "Ma petite Princesse qui a grandi, tu as toujours la même bonté de coeur. J'en suis ravie" La Princesse en question rougit et le Roi eut un air réprobateur. "Modeste ou pas, ce n'est pas une tenue digne de ma Princesse". Lelfya blêmit aussitôt.

 

*

 

Sans qu'un mot ne fut prononcé, Lelfya se retrouva enveloppée d'une magie éclatante. Elle se débattit tout d'abord, puis finit par se laisser faire. Lorsque la magie s'évapora, je crus que mon coeur allait me faire la mauvaise surprise de me faire défaillir. Plus belle que jamais, elle était revêtue d'une robe elfique et d'un bijou tout aussi unique, de draperies légères et de tiares scintillantes. Je clignais des yeux, stupéfait, et sans m'en rendre compte j'ouvrais la bouche pour lâcher un "Wow !" d'admiration. Soudain, le regard du roi se posa sur moi et un rictus amer étira ses lèvres. Je compris que j'étais découvert et reculais d'un pas. "Tiens donc, que faites-vous ici jeune homme ?" lâcha t-il avec un certain mépris dans la voix. Lelfya regarda son père et dit vivement "Il a été mon compagnon depuis cet été, nous nous sommes découvert une véritable amitié." Il se leva tandis que la reine, pétrifiée, me fixait sans mot dire. Priaps traversa la distance qui nosu séparait l'un à l'autre en deux enjambées, trop rapidement pour que je puisse réagir, mais pas assez pour Lelfya. Celle-ci se jeta entre son père et moi, faisant face à son paternel. "Moi vivante, tu ne le toucheras pas si c'est ce que tu avais l'intention de faire..." siffla t-elle. Priaps araqua un sourcil et fit avec un petit rire froid "Une elfe de sang Royal qui protège un véritable démon ? Quelle étrange situation". Lelfya le soutint du regard et je vis Arthiny me fixait avec un regard incandescent. Priaps me désigna du menton et lâcha avec un air dédaigneux "Qu'on l'enferme, je ne veux pas m'occuper de lui maintenant." Il caressa avec douceur la joue de Lelfya qui se raidit aussitôt et je sentis soudain qu'on m'empoignait par les épaules. "Me touche pas !" scandais-je au malheureux soldat qui avait reçu l'ordre de me jeter au cachot. Un second vint lui prêter main forte et j'entendis Lelfya lancer un "Non !" qui se fit étouffer par les mains de son père. Je n'eus que le temps de faire volte-face avant de sentir mes paumes s'incendier et lancer une décharge. Un garde tomba, inanimé, et je fauchais l'autre. Soudain, je sentis un choc derrière mon crâne, violent, qui fit résonner chaque son produit aux alentours dans mon cerveau. Je titubais avant de m'effondrer au sol, le souffle coupé. Puis ce fut le trou noir.

 

*

 

Je me secouais, encore sonné, et ouvris doucement les yeux. J'avais cette désagréable impression que mon corps était passé sous une armée de chevaux m'ayant piétiné sans pitié. Je n'eus pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir que des bleus lancinants parcouraient mon torse puis, étonné, je me rendis compte que j'étais attaché. Je soulevais un peu les paupières et compris que mes mains étaient menottées, ses dernières étant encastrées dans le mur aux sombres pierres. L'espace d'un instant, je crus à un cauchemar. Mais tandis que je secouais la tête pour m'assurer de l'irréalité des faits, mon coeur sombra dans ma poitrine : j'étais bel et bien prisonnier. Mon torse était à découvert, ma chemise déchirée et mon jean était strié de boue. Vu son état, j'avais sûrement du être traîné au sol, ce qui expliquait donc ma présence dans cette cellule. Je grimaçais tandis que ma vue se voilait légèrement et la douleur éprouvée lors du choc reçu derrière la tête ressurgit, manquant de me faire perdre connaissance une fois de plus. Je laissais mon menton choir sur le haut de ma poitrine et sentis mes paupières se fermer doucement. Soudain, sans que je m'y attende, un bruit de ferraille se fit entendre et celui-ci sembla résonner dans mon crâne et me vriller les tympans. Je réprimais un hurlement et ma tête fut relevée sans ménagement, j'entendis ainsi l'ordre d'ouvrir les yeux. Une voix rude et cruelle, presque tranchante. Je secouais la tête en signe de dénégation et entendis un sifflement. Gardant obstinément les paupières closes, rebelle, j'eu envie de cracher à la figure de l'inconnu. "OUVRE !" me hurla t-on dans les oreilles déjà meutries. La personne m'assena un coup de poing au creux du torse et je manquais de souffle. J'ouvris prudemment les yeux, relevant très lentment mes paupières, et fis face à deux grands yeux haineux. Ce qui me fit frissonner fut la flamme qui semblait y danser.

 

*

 

Le jeune homme aggripa mes cheveux et me tira le visage en arrière. Il me colla une lanterne sous le nez et j'entendis un murmure de triomphe "C'est donc bien toi..." Je le fixais droit dans les yeux, décidé à ne pas me laisser démonter, bien que la lumière m'aveugle presque totalement. "Pourquoi être aussi heureux de m'avoir trouvé ?" dis-je en sentant sa poigne se resserrer sur mes cheveux sombres. Il me claqua la tête contre le mur, manquant de m'arracher un cri de douleur. "Pourquoi ? Tu oses demander pourquoi ?!" siffla t-il entre ses dents. Je n'hésitais pas et lui donnais un coup de genoux dans le thorax, le faisant gémir. "Ce n'était qu'une simple question, pas la peine de m'égresser !" lui hurlais-je. Il me dévisagea, toujours dans l'ombre, et me lança un regard haineux. N'avais-je droit qu'à cela ces derniers temps ? "Tu es indirectement l'une des causes de mes tourments, un problème à éliminer. Tu m'insupportes tant le mal que tu m'as fait est grand". Je le regardais, médusé. Jamais de toute mon existence je n'avais fait face à ce jeune homme. "En quoi ai-je été si mauvais ?" répliquais-je, toujours aussi surpris. Il se figea et cracha "Etrangement, tu ne fais pas d'allusions à Lelfya !" j'arquais les sourcils. "Que vient-elle faire là-dedans ?". Il poussa un cri amer et me hurla "Tu as vécu aux côtés de Lelfya durant plusieurs mois !!! Ma Lelfya !!!" Un mécanisme sembla se mettre en route dans ma tête tandis que la situation se clarifiait. Je su enfin qui se tenait devant moi, empli de haine et de jalousie.

"Ary ?"

 

*

 

En entendant son prénom, le jeune homme me jeta un regard incendiaire. "Ne profane pas mon prénom en le prononçant avec ta voix de démon, monstre !". Je soupirais intérieurement, maudissant mon physique qui me trahissait trop rapidement. Ary prit son visage entre ses mains et je dis "Quel est le problème ? Je n'ai fait que la protéger !". Il releva les yeux vers moi et, à la lueur pâle de la lanterne, je pu enfin voir son visage. D'un beauté juvénile, il avait des cheveux blonds comme le soleil et des yeux plus bleus que les cieux qui gouvernaient sur notre monde. Nos différences étaient flagrantes et je me demandais alors pourquoi ce blondinet voulait tant le Princesse Héritière. "Sûrement pour la même raison que moi" pensais-je amèrement. Mais il ressemblait tant à un gamin que je me demandais combien d'années le séparaient de Lelfya. Il cracha au sol et me répliqua "Le mal ? Mais voyons, ne me dis pas que tu n'as pas touché à un cheveu de sa tête ! Avoue, tu l'as séduite durant tout ce temps !" "Ary, tu es le mieux placé pour savoir que Lelfya ne se laisse pas facilement séduire... je ne la protégeais pas dans ce but." Il rejeta ses cheveux blonds en arrière et me dévisagea avec un air froid. Etrangement, il me sembla familier en cet instant. "Elle m'a repoussé, encore et encore, jusqu'à filer de ce monde pour ne plus me voir. J'ai été idiot de poser les yeux sur elle, étant plus jeune, car je me condamnais déjà à lui vouer un amour éternel. Même si, en effet, tu devais l'aimer, tu ne me surpasseras jamais. Jamais ! Tu entends ?!" tonna t-il en serrant les poings. Effaré, je ne pu répliquer. Il semblait complètement fou, obnubilé par l'amour qu'il ressentait pour la Princesse. Sans prévenir, il bondit sur moi, brisant la lanterne au passage. Il me donna un coup de poing sur la pomette et, maintenant ma tête contre le mur, me frappa le nez avec violence. Je poussais un hurlement de douleur, mes poignets toujours retenus par les menottes. Un fracas retentit derrière Ary qui fut arraché à moi aussi brusquement que lorsqu'il m'avait sauté dessus. Lorsqu'il fut jeté au dehors de ma cellule, mon sauveur tourna les yeux vers moi. Je reconnus en ses traits le soldat que j'avais assommé lors de ma capture. "Merci" dis-je dans un souffle. Il ouvrit la bouche, les lèvres tremblantes, mais aucun son 'en sortit. Avec un air désemparé, il quitta la pièce exiguë.

 

*

 

Les jours passèrent et je m'affaiblissais de plus en plus. Mes poignets étaient meurtris, mon torse couverts de bleus et de sang séché tandis que mes vêtements étaient pratiquement déchirés de partout. Le matin, un soldat venait me soulever le menton pour me donner à manger ou à boire, puis le soir un bourreau venait avec un long bâton et une épée, posant inlassablement la même question : "Avez-vous déjà mis les pieds ici ? Connaissiez-vous la Princesse auparavant ?". Chaque fois je secouais la tête et tous les soirs étaient ponctués de mes cris de douleurs et de jurons étouffés. On me jetait au sol, me frappait, me harcelait, et on me rattachait au mur après avoir subi toutes ces atrocités. Pour l'une des premières fois de ma vie, j'avais peur. Un sentiment d'horreur s'emparait de moi lorsque les lourds pas de mon geôlier retentissaient dans les couloirs menant à ma cellule, prédisant ma sentence. Je voulais mettre fin à mes jours, espérant tous les osirs que cette torture serait la dernière. Mais les miracles n'arrivent jamais aux démons, ils n'arrivent qu'aux nobles et purs, pas aux perfides de mon espèce.

 

*

 

Je dormais encore d'un sommeil léger lorsque les bruits de pas résonnèrent dans le couloir. Plusieurs personnes semblaient se diriger droit vers moi, tel un seul homme. La porte de fer s'ouvrit et un flambeau passa dans la cellule, éclairant les murs. Aveuglé, je détournais les yeux pour ne pas me faire mal. Lentement, je tentais de scruter les personnes, déduisant ainsi qu'elles étaient cinq. La lumière avança vers moi et un voile sombre se planta devant mes yeux. "Laissez-nous" dit une voix que je reconnus aussitôt. Abasourdi, je murmurai "Lelfya...?" avec une voix faible. Les quatre gardes sortirent et nous nous retrouvâmes seuls, face à face. Ses yeux dorés étincelaient derrière son long voile et sa peau pâle brillait doucement dans la pénombre. Haletant, Michaelis se tenait à ses côtés, un collier sombre lui enserrant le cou. Je détaillais la tenue de Lelfya, époustouflé : une longue robe noire lui descendait le long des jambes, en laissant voir une, entourée de châles transparents et de bijoux. Des chaussures sombres qui dévoilaient la finesse de ses pieds et ce voile noir derrière lequel elle se cachait était retenu par des perles scintillantes, ce qui lui donnait un air ténébreux et grave. Elle était plus belle que je ne l'avais jamais vu et mon coeur déjà faible s'emballa soudain, me faisant rater des battements. Doucement, elle porta la main à mon visage et chuchota "Tout ce qu'ils ont osé faire... c'est ignoble". Son doigts effleura mon nez et je me retenais de hurler, grimaçant de douleur. Elle fronça les sourcils et sa paume s'alluma. Instantanément, elle soulagea ma douleur et je respirais de nouveu normalement, sans trop souffrir. Elle me fixa d'un oeil critique avant de poser ses mains sur mon torse. Un craquement retentit tandis que je frémissais, sentant la douleur me broyer le corps. "3 côtes cassées" dit-elle lorsqu'eus repris mon souffle. Je répondis d'une voix tremblante "Merci...". Brusquement, elle passa ses mains autour de ma nuque et je n'eus que le temps de reprendre une bouffée d'air avant de sentir ses lèvres sur les miennes, son voile rejeté en arrière. Je répondis à son attente avec tout la force qui me restait, respirant avec délice le parfum de sa peau. Sans cesser de m'embrasser, elle leva la main gauche et, grâce à son pouvoir, ouvrit la menotte qui emprisonnait mon poignet droit. Lorsque le second fut libéré, je saisis son visage pour amoureusement embrasser sa bouche. Je l'enlaçais dans mes faibles bras tandis qu'elle posait sa tête au creux de mon cou, essouflée. "Je croyais que nous devions nous comporter en simples amis ?" dis-je d'une voix faible. "Nous le devions, devant mes parents. Mais nous ne sommes qu'à deux, ici...". Je souris timidement en sentant la douceur dans sa voix. Depuis combien de temps ne l'avais-je pas vue ? 2 semaines ? Je n'avais pas envie de compter. Ses cheveux étaient déliés et je les vis flotter dans la brise légère qui nous entourait. "Que signifie ces vêtements ?" demandais-je. Elle me regarda avec effroi et dit d'une voix fébrile "Sechan, tout a changé maintenant..."

 

*

 

Je la regardais, perplexe. Elle soutint mon regard et je murmurais de nouveau "Pourquoi cet accoûtrement ?". Je vis ses lèvres trembler légèrement et mes mains s'emparèrent de son visage pour la regarder bien en face. "Les choses sont plus graves que tu ne le penses. Je ne suis plus vraiment à ma place ici." Je ne comprenais pas ses paroles qui me semblaient trop abstraites. Elle ferma les yeux et une larme perla au coin de sa paupière. "Sechan... on m'a posé un ultimatum. Je n'ai que deux choix possibles, l'un aussi douloureux que l'autre." Je me crispais légèrement et demandais quel était cet ultimatum dont elle parlait. Posé par ses parents, bien sûr. Elle se dégagea soudain de mon étreinte et quelques mèches tombèrent devant ses yeux, cachant leur pur éclat doré. "Mes parents veulent que je me préoccupe de mon avenir. En revenant ici, ça été pour eux une bénédiction. Je dois reprendre le trône ou me préparer à une guerre sans quartier". Je la fixais, hébété, et lâchais "Tes parents seraient capables de te faire la guerre ?". Elle secoua la tête et murmura "Pas mes parents, non...". Sa voix tremblait un peu plus et des pensées sombres envahirent son esprit. "Lelfya..." fis-je en serrant ses doigts dans mes paumes glacée. Un léger bruit de pas se fit entendre dans le couloir et elle fit volte-face avec sa rapidité d'elfe. Devant nous se tenait une silhouette parfaitement reconnaissable.

 

Par Marik, Lelfya & Sechan forever...
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Nabeth par Zayah

 

Je m'étais à peine approchée que Lelfya s'était retournée vivement. Elle me fixa et lança "Qu'est-ce que tu fais ici ?!" d'un air furibond. J'eus un petit sourire suffisant et je dis doucement "J'avais envie de voir comment allait Sechan" "Pour mieux m'humilier, hein ?" répliqua l'intéressé. Je fis semblant de m'offusquer et rétorquai "Du tout ! Je n'oserais jamais faire une telle chose !". Lelfya rejeta son voile noir devant son visage et je m'émerveillais de nouveau devant sa robe d'un noir profond. Elle était magnifique et ténébreuse, grave et sincère. Jamais elle n'avait fait aussi peur et ce fut là que je réalisais que jamais je ne lui arriverai à la cheville. Il me semblait à présent normal que le beau Ary s'intéresse plus à elle qu'à moi. "Tu l'as vu ?" dis-je en la fixant. Elle fronça les sourcils et répondit "Qui donc ?" "A ton avis ? Ary !" ricanais-je amèrement. Elle se figea et son visage passa de froideur à stupeur. "Il est encore ici ?" . Je hochais la tête et, m'approchant doucement, appuyais mon front contre la ferraille glaciale de la porte. "Oui, il est toujours là. Aussi beau et passionné qu'avant, toujours aussi amoureux de la Princesse Lelfya. Il vit sans pour autant être toujours présent. Je suis étonnée que tu ne l'aies pas vu.". Elle haussa les épaules "A quoi bon ? Nous savons tous qu'entre lui et moi, ça ne pourrait jamais marcher. Nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre. Voilà pourquoi il a surement préféré s'abstenir de me croiser". Je manquais de me jeter sur elle pour l'étrangler et je proférai "Tu crois vraiment qu'il a envie de t'oublier ?! Tu le hantes ! Il est fou de toi !". Je la vis se décomposer et Sechan froncer les sourcils. "Nabeth, puis-je te poser une question ?". Je secouais la tête pour dire que non mais il lâcha tout de même "Es-tu du côté de Ary et tentes-tu de faire flancher Lelfya en l'effrayant à mon compte ?". Je gardais mes yeux rivés au sol et il continua "N'aurais-tu pas envoyé une lettre il n'y a pas si longtemps que ça ?". Je ris froidement "Des lettres, j'en envoie tous les jours mon cher !". Mais ma gorge se bloqua et je serrais les barreaux en laissant ma tête tomber contre la grille de métal. Une fois de plus, on avait l'air de m'accuser d'un acte que je n'avais pas commis. Je manquais d'étouffer et dis doucement "En dépit de tous mes efforts, il ne peut pas oublier Lelfya. Et moi, je ne peux également pas l'oublier... pourquoi irais-je de son côté dans ce cas ?". Je me sentis glisser au sol et des larmes coulèrent sur mes joues. Un sanglot s'échappa de ma gorge et je cachais mon visage entre mes mains, honteuse. "Tu sais que nous sommes un peu idiotes toutes les deux ? Il me semble qu'avant qu'Ary n'arrive, nous étions les meilleures amies du monde. Des soeurs. Pourquoi ce mec a t-il du ainsi bouleverser nos vies ?". Lelfya avait approché sa main de mon épaule gauche à travers les barreaux. "Heureusement que je ne l'ai pas vu..." murmura t-elle. "Moi je l'ai rencontré" lâcha Sechan.

Nous relevâmes brusquement la tête, surprises.

 

*

 

Lelfya le fixa avant de faire "Comment ?". Il haussa les épaules et lâcha "C'est aussi simple que ça : il est venu me trouver, a tenté de me tabasser avant qu'un des gardes que j'avais frappé ne le maîtrise. Tu vois mon nez cassé ? C'était pas le bourreau. C'était lui." Je vis le visage de mon ancienne amie s'emplir de fureur. "Si jamais je croise sa route, je le tue !" fulmina t-elle. Sechan avança alors vers elle et chuchota "Il m'a dit t'aimer, au point de se détruire. Et que jamais je ne le surpasserai. Il dit que je t'ai séduite, que je ne suis venu que dans ce but. Mais c'est faux, il ne sait rien...". J'écarquillais les yeux "Dans quel but alors ?" lâchais-je, la gorge sèche. Lelfya recula sa main de mon épaule et répéta "Sechan, dans quel but ?". Il se figea de suite et elle bondit sur lui, tremblante. "Si ce n'était pas pour me séduire, qu'était-ce ?! Dis-le moi !". Je vis le jeune homme ouvrir la bouche puis ses yeux s'assombrir. Ses bras faibles prirent doucement l'elfe et, malgré les protestations de celle-ci, la maintint contre lui. Il se pencha sur son oreille et chuchota, assez fort pour que mes oreilles d'elfe l'entendent "Ce n'était pas dans un but personnel que j'ai débarqué dans ta vie, j'agissais pour le compte...". Sa voix se brisa et elle répliqua "Pour qui ?". Il l'enserra plus fort dans ses bras et murmura "Pour les Enchanteurs, ceux qui enseignent et dominent les Contrées Perdues. Ces gens que tous mettent sur un piédestal, ces escrocs... il voulaient que je te supprime. Pour de bon." Je manquais de m'étrangler de surprise tandis que Lelfya le fixait, stupéfaite. Soudain, son visage se durcit et elle repoussa violemment le jeune homme qui se cogna contre le mur sombre de sa geôle. "Ordure !" cracha t-elle. Il leva vers elle des yeux suppliants. "Je ne voulais pas, je n'ai jamais rien fait de mal vis à vis de toi. Avoue que je n'ai même pas tenté de te séduire ! Je t'ai aimée presque dés notre rencontre, mais je ne m'attendais pas à ce que cela soit réciproque. Je ne l'imaginais même pas...". Lelfya vacilla un instant avant de lui tourner fermement le dos. J'étais soufflée ; cette déclaration tait des plus simples, mais tellement sincère ! Je fixais Sechan, bouche bée. A nu, ses sentiments ainsi découverts, il semblait tellement vulnérable... et pitoyable également. Son état de faiblesse se traduisait très clairement dans son dos voûté et son teint pâle comme la Mort. Je ne pu tenir plus longtemps et chuchotais "J'ai... quelque chose à vous avouer...". Lelfya me regarda, déjà rongée par la rage et la tristesse, mais dit quand même "Nabeth ?". Je sentis mes mains glisser sur le métal auxquel je m'accrochais depuis quelques minutes et je fermais les yeux. "Ils sont en route. Ils savent pour Sechan je pense..". Je vis le garçon devenir livide et Lelfya fit "Qui ?". Ce ne fut pas moi qui répondis.

"Les Enchanteurs !" gémit Sechan.

 

*

 

Je remontais quatre à quatre les marches qui me permettaient de rejoindre le centre du Palais. Lelfya sur mes talons, je courrais à perdre haleine, priant le Ciel pour que ces êtres malfaisants ne soient pas déjà là. Je poussais la porte et nous nous retrouvâmes dans le couloir lumineux qui menait aux prisons. "Allons chercher Père ! Il doit les arrêter !" s'écria Lelfya. Elle me chopa par le bras et m'entraîna à toute vitesse vers les appartements de se sparents. "Lelfya..." fis-je en regardant ses cheveux qui fouettaient l'air. Elle ne répondit pas, trop occupée à courir. "Lelfya !" m'écriais-je. La Princesse se retourna enfin et je m'arrêtais, la faisant lâcher prise. "Quoi ?" fit-elle avec un air agacé. Je la fixais un instant avant de lâcher "Tu n'as pas l'intention d'abandonner Sechan, n'est-ce pas ?". Elle détourna les yeux et cracha "Après sa trahison ? Que veux-tu que je fasse ! Il avait pour but de me mettre hors de portée du pouvoir !". Je me sentis bouillir de rage intérieurement et ma main partit instantanément. La giffle résonna entre les murs du couloir et la joue de Lelfya vira au cramoisi. Stupéfaite, elle porta la main à son visage avant de me regarder, hébétée. "Où est la Lelfya que je connais, dis-moi ?! La Princesse Héritière est-elle du genre à se méfier d'un homme qui prétend l'aimer ? Ouvre les yeux : tu es folle de lui ! Surement aussi amoureuse que l'est Ary de toi ! Alors maintenant, tu as intêret de te remuer et de ne pas laisser ton Sechan tomber aux mains des Enchanteurs !" hurlais-je, la gorge en feu. Elle déglutit et je lui chopais le bras pour la tirer vers l'entrée du Palais. "Alors maintenant, on les stoppe à l'entrée, on règle leur affaire et puis basta ! Non mais, si tu le dis à ton père, tu crois qu'il laissera la vie sauve à ton démon ?! Quand il sera libre, tu agiras comme bon te semble avec le pouvoir !". Il y eut un silence de sa part et, étonnée qu'elle ne réponde pas, je lui jetais un oeil en coin. Tremblante, elle toucha mon épaule et murmura "Je te reconnais enfin". Je repris contenance après un instant de surprise et me dégeageais. J'eus un sourire sadique et crachais "On a autre chose à faire : buter ces Enchanteurs !"

 

*

 

Nous étions en train d'atteindre l'entrée lorsqu'un garde s'interposa pour nous barrer la route. "Princesse, avec tout le respect que je vous dois, vous avez interdiction de franchir ces portes." "Et puis quoi encore ?" répliqua Lelfya avec un ton autoritaire. Elle leva sa main qui scintilla de magie, faisant perdre tous ses moyens au garde. "Princesse... par pitié..." "Laissez-nous passer !" tonna Lelfya. Le garde ne se le fit pas dire deux fois : il recula vers le mur et me tira dehors. "Toi, tu es inquiète" fis-je en scrutant son visage. "Non" répliqua t-elle d'un ton cassant. "Tu penses à cette lettre dont parlait Sechan ?". Elle me fusilla du regard et je ris intérieurement. "Gagné" pensais-je en la voyant devenir blême de rage. Elle passa devant les autres gardes en gardant le menton relevé, les défiant de s'approcher d'elle. D'un regard, elle incendiait un homme. Je la suivis à grands pas tandis qu'elle ne me jetait plus un regard. "Nabeth..." finit-elle par dire d'une voix à moitié étranglée. "Huum ?" "Je t'en supplie, contrôle-toi.". Je ne comprenais pas ses paroles qui me semblaient trop mystérieuses. Mais lorsque je le vis, mon coeur rata un battement.

Ary.

 

*

 

Il se tenait campé devant nous, semblant sortir de nul part. Il était toujours aussi beau, mais un sourire peu amène étirait ses lèvres. Il ne donnait pas vraiment un air engageant... "Mesdames, je vous salue bien bas" dit-il en feignant un air joyeux. Lelfya fronça les sourcils et je me sentis trembler. J'ouvris la bouche mais la belle elfe répondit avant moi "Nous n'avons que faire de tes salutations, Ary". Il parut bien le prendre quand même car son sourire s'élargissa de plus belle. "Je n'en attendais pas moins de la part de la Princesse Lelfya" répliqua t-il avec un adorable sourire qui lui fendit le visage. Elle recula tandis qu'il avançait d'un pas de plus vers elle. Je restais pétrifiée sur place, charmée. "Tu... tu as quelque chose de changé, Ary" balbutiais-je. Il fixa ses prunelles sur mon visage et ses longs cils se rabattirent doucement sur ses joues tandis qu'il avait fermé les paupières. "Nabeth, Nabeth..." dit-il 'une voix douce. Je frémissais : c'était la première fois qu'il prononçait mon prénom avec ce ton. Il fit un pas vers moi sans que je bouge et, avec un sourire, me lança "Tu es devenue une bien belle jeune fille. Toi aussi tu as beaucoup changé. N'est-ce pas normal après tout ?". Je hochais doucement la tête, subjuguée. Il toucha mon bras nu et je fus parcourue d'un choc électrique. Etait-ce une impression ou la vérité ? Lorsque je détournais les yeux de son visage doux, je rencontrais le regard de Lelfya. J'y lu de la peur, de l'incertitude, mais également de la colère. La main du garçon prit la mienne et je reportais mon attention sur lui, attirée tel un aimant. Il me tira doucement vers lui et j'entendis Lelfya s'écrier "Non, Nabeth !". Je la regardais et fis un doux sourire. Soudain, je la trouvais encore plus rayonnante qu'auparavant, mais également véritablement en colère. Etait-ce de la jalousie ? Parce que Ary se préoccupait de moi ? J'éclatais de rire, un rire à la fois narquois et joyeux. En sifflotant, il me fit tourner sur moi-même et je me retrouvais le dos collé contre son torse devenu musclé avec l'âge.

Je vis l'elfe devenir pâle.

 

*

 

Je sentis les mains du garçon emprisonner ma taille et je rejetais mes cheveux en arrière. Depuis le temps que j'attendais ça ! Je n'y tenais plus. "Nabeth, j'ai l'impression que tu ne comprends pas..." siffle t-elle entre ses dents. Je sentis le souffle d'Ary frôler mon oreille gauche et il murmura "Ne fais pas attention à elle". Soudain, des boules lumineuses s'enflammèrent dans les paumes de Lelfya qui lançait un regard empli de haine au garçon. "Cette lettre, elle était de toi alors !" s'exclama t-elle, furieuse. Je fronçais les sourcils, ne comprenant pas. Mais lorsque je levais les yeux vers Ary, je le vis rire doucement, faisant raidir Lelfya. "Tu comprends enfin ! Après tous mes efforts pour que tu saches ! Qui d'autre voulais-tu qui écrives cette lettre ?" "Ce n'est pas moi qui l'ai lue, mais Sechan. En la recevant, je ne l'ai pas ouverte car elle ne comportait aucun cachet. Il était évident qu'on l'avait simplement glissée sous ma porte. Mais par la suite, je ne l'ai plus retrouvée... et Sechan vient de nous en parler à l'instant". Les yeux de Ary furent parcourus d'un éclair brûlant de jalousie lorsque le nom de son rival fut prononcé. Je frémis, vit Lelfya trembler un peu avant de lâcher "Qu'était-il écrit dans cette lettre ? Q'avais-tu écrit d'aussi affreux pour que Sechan ne me le montre pas ?". Il y eut un silence qui fut soudain brisé par le rire du garçon qui me tint plus fermement contre lui. "Il avait raison de ne pas te la montrer ! Je cherchais à t'en séparer, par tous les moyens. Il n'a rien à faire avec toi !". Lelfya ralluma ses paumes d'une lumière encore plus incandescente. "Ah, et, j'oubliais ! Il ne t'a pas dit ce avec quoi la lettre était écrite ?". Je sentis que quelque chose ne tournait pas rond dans son étreinte trop enveloppante et je cherchais à m'en dégager. Mais comme s'il avait compris mes intentions, il me plaqua aussitôt contre lui et me maintint la tête en arrière. "Ary !" hurla Lelfya dont le visage exprimait à présent toute sa panique. Je tournais les yeux vers lui et restais figée de stupeur, hébétée.

 

*

 

Il eut un sourire charmeur qui me glaça d'effroi. "Lorsque tu disais que j'avais changé, c'était loin d'être faux. Je suis même carrément mort" Des canines pointues sortaient de sous sa lèvre supérieure et semblaient prêtes à déchirer n'importe quel morceau de chair. Le besoin pressant de m'enfuir au plus vite me taillada l'esprit et je me débattis frénétiquement. "Lâche-moi !" criais-je, soudain en proie à une peur abominable. Il se pencha vers moi et murmura "Ma douce, pourquoi avoir un air aussi effrayé ?". Je me figeais de stupeur et balbutiais "Ma... douce ?". Sans que je m'y attende, il me fit face et m'embrassa brusquement, anéantissant le reste de mes forces. Le temps eut l'air de s'arrêter autour de moi tandis que je plongeais mes yeux ébahis dans les siens. Ses prunelles d'un bleu comme le ciel vrillaient ma vue qui commençait à se brouiller. D'un seul coup, Lelfya me hurla quelque chose et je rompis le baiser, à bout de souffle. Je me rendis compte que ses mains étaient remontées dans mon dos et il me força à le regarder dans les yeux. Complètement lucide, je lui décochais un coup de genou et il se plia en deux, me lâchant de suite. Lelfya m'empoigna par les épaules et se planta devant moi. "Je te rappelle que je sais me battre !" m'écriais-je, piquée au vif par son geste de protection. "Ah ouais ? J'ai pas envie que tu te fasses calciner l'âme à cause du baiser de ce vampire !". Je dégainais un poignard "On va utiliser la méthode douce alors !" hurlais-je. Nous vîmes Ary se relever lentement et faire craquer ses os. "Amusant non ? Il a fallu que je déploie un peu trop de mes charmes pour que vous vous rendiez compte que j'étais devenu Ténèbres !" rit-il en regardant Lelfya. Le regard de cette dernière se durcit et elle répliqua "Depuis quand es-tu dans cet état ?". Il sourit doucement "Oooh, quelques années... depuis ton départ en fait. Ne suis-je pas plus beau ainsi ?" fit-il en écartant les bras comme s'il voulait qu'elle s'y jette à l'intérieur. Je serrais les lèvres et finis par cracher "Tu ne m'as embrassée que pour te goinffrer de mon âme !". Il éclata d'un rire franc et ajouta "Mais également te sucer plus facilement le sang !". Je pensais qu'au moins, il avait le mérite de dire la vérité en face et qu'il ne possédait finalement pas que des défauts. Lelfya ne tint pas plus longtemps : le rayon de ses paumes partit en direction du jeune homme qui ne put l'éviter. Il hurla tandis qu'il portait la main sur son bras gauche d'où un liquide sombre jaillissait. "Je rêve... si on le détruit, les Ténèbres sortiront de son corps ?" fis-je à Lelf'. Elle dut percevoir la légère lueur d'espoir dans ma voix car elle me jeta un regard noir et répliqua d'un air sinistre "Nous le tuerons, point final."

 

*

 

Lorsqu'il leva des yeux haineux vers moi, il devait sûrement s'attendre à ce que j'ai peur de le perdre. Mais ma détermination grandissait à mesure que les minutes en face de lui s'écoulaient. Il était devenu un monstre à visage d'ange... je me sentis plus ferme que jamais lorsqu'il bondit sur moi, espérant m'avoir. Sous le cri de surprise de Lelfya, je l'évitais habilement et me retournais avec la rapidité habituelle des elfes afin de lui planter mon poignard dans l'épaule. Il n'eut droit qu'à une égratignure tandis que je prenais le 2nde lame cachée dans ma manche, accrochée à mon avant bras. Je lui lançais un nouveau coup de pied et visais son thorax pour y enfoncer ma lame. Il hurla, un long cri déchirant qui me prouva que j'avais cette fois touché juste. Du liquide sombre s'écoula de nouveau de la plaie et, dégoûtée, je le vis se tordre de douleur. J'avais dans l'idée d'assener le coup fatal lorsque Lelfya déchargea sur lui l'énergie que contenaient ses paumes. Un nuage de poussières et de brume noire s'éleva autour de nous et le silence tomba peu à peu, nous entourant de sa paix. "Il est où ?" demanda t-elle en plissant les yeux pour aiguiser sa vue. J'allais hurler à la victoire lorsqu'une main se plaqua sur ma bouche, étouffant mon cri. Ary renversa ma tête en arrière et, sous les yeux horrifiés de Lelfya, planta ses crocs dans mon cou. Je poussais un hurlement à en perdre la voix tandis que je sentais ma peau se déchirer abominablement sous mon menton. Je me jetais au sol, incapable de plus bouger, et Ary me fit rouler sur la pierre. Lelfya repris presque aussitôt ses esprits et, sans que je voie exactement ce qu'il se passait, elle lui lança quelque chose à la tête, ce qui n'eut que pour effet de l'énerver encore plus. Je le repoussais du peu de forces qu'il me restait, le sang sortant peu à peu de ma veine. Je le voyais de nouveau fondre sur moi lorsqu'il blêmit et fut projeté en arrière. Un grondement retentit alors que je voyais Lelf' se coller contre le mur, ses vêtements à moitié déchirés. "Michaelis ?" articula t-elle d'une voix tremblante. Je ne pus tenir plus longtemps et, en portant la main à ma gorge, je me laissais prendre par le néant, perdant connaissance.

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Lelfya bannière par Zayah

Lorsque je vis Nabeth ouvrir les yeux, je me levais prestement. Je m'assis à ses côtés et la vis grimacer. "Aiiiiiiiie, ma tête..." gémit-elle. Je lui souris doucement et fis "Alors, ça va ?" "Comme quelqu'un qui a la tête comparable à un pot de fleur fracassé, mais ça pourrait être pire" bougonna t-elle. Je manquais de pouffer de rire mais la vis porter la main au bandage qui enserrait son cou. "N'y touche pas, on fait en sorte que ça se referme" dis-je pour la stopper. Elle se laissa tomber sur son lit en marmonnant des paroles inintelligibles avant de me lancer "Il s'est passé quoi par la suite ?". Je lui lançais avec malice "Si tu vois que je suis toujours vivante, qu'en déduis-tu ?". Elle trembla un peu et dit "Vous l'avez tué ?!" avant que je ne soupire. "Non, il s'est échappé. On n'a pas réussi à le neutraliser, il ets parti après que Michaelis l'ait attaqué..." "Michaelis ?" fit-elle, étonnée. Je levais les yeux au ciel, me demandant ce que j'allais bien pouvoir inventer cette fois-ci. Michaelis lui lécha le bout des doigts et elle fronça les sourcils "Dis-moi, j'ai rêvé où Michaelis..." je la repoussais dans ses draps et murmurai "Plus tard. Tu dois te reposer pour le moment". Elle me dévisagea, incrédule, et avec ma bouche je formais le mot "MICRO". Elle arqua un sourcil et je lançais d'un air joyeux "En tout cas, les Enchanteurs arriveront certainement lundi. J'ai hâte de les voir !". Je vis ses yeux se remplir d'effroi. Au moins, je savais qu'elle avait compris le message. Je me levais dans l'intention de sortir lorsque Nabeth me rattrapa la main et dit doucement "Sechan ?". Je lui souris d'un air confiant et elle laissa retomber son bras. Michaelis resta à ses côtés tandis que je sortais de la pièce où elle devait se reposer. Je me dirigeais vers ma chambre, ouvris la porte et claquais des doigts. Aussitôt, les micros se grillèrent et je me retrouvais dans une pièce déjà plus sûre. La pièce était sombre et, sans raison, je me sentis un peu inquiète. Soudain, le téléphone vibra et je me jetais dessus."Sechan ?" "Lelfya, enfin je t'ai au téléphone. Tu vas bien ?". Je ne dis rien, glacée. "Lelf' ?" "Sechan, il faut qu'on parte d'ici lundi. Trouve quelque chose". "Je sais, je vais trouver, ne t'en fais pas, mais c'est un peu compliqué quand on est en cavale..." "Mais oui..." marmonnais-je. "Tu me manques" souffla t-il. Une larme perla au coin de mon oeil tandis que mon coeur se serrait. Il était un démon, j'étais une elfe. Que pouvions-nous avoir en commun ? Je savais que je ne pouvais l'aimer, et il était possible que lui-même ne m'aime pas. Mal à l'aise, j'évitais ses mots. "Sechan, je t'en prie, arrête. Rapelle-moi plus tard, j'entends quelqu'un". Je coupais la communication alors qu'il n'avait pas eu le temps de me répondre.

 

*

 

Magnétique.

Cet homme était tout simplement magnétique, je le savais déjà depuis bien longtemps. Mais savoir qu'il me cachait des choses, surtout des choses qui ne concernaient pas que lui, et cela m'effrayait pas mal. Tous les jours, je le torturais pour avoir des réponses, pour faire ceci ou cela, pour qu'il nous loge... mais rien. Pas même un indice. Le ton de sa voix ne changeait pas. Je l'appelais une fois de plus sans lui laisser le temps de dire un mot "Qu'as-tu l'intention de faire une fois rentré sur Terre ?". J'entendis un soupir et il fit "Lelf'...". Je manquais de hurler de rage : il allait se défiler comme ça à chaque fois que j'allais poser la question ?! Je lui lançais d'un ton hargneux "Sechan !" "Ce n'est pas facile, je dois d'abord échapper aux Enchanteurs... Je ne peux pas nous faire retourner à Paris, les Enchanteurs connaissent ton appartement. Ils savent où tu habitais." Je dégluttis et lâchais "Mais on va où alors ?". Je fus certaine qu'il haussait les épaules lorsqu'il me répondit "Londres, Bruges, Barcelone, Madrid, Genève, n'importe où ! Jai des contacts un peu partout.". J'eus envie de lui demander ce qu'il comptait faire s'il se faisait encore repérer, mais il me coupa avec une voix inquiète. "Lelfya, tu ne comprends pas... je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, je ne veux pas que tu viennes avec moi. Ta place est sur les Cntrées Perdues, sur le trône. Je sème mort et trouble sur mon passage, je pourrais vous faire tuer toi & Nabeth...". Je bredouillais doucement "Tu ne... veux pas être avec moi ?" "Ce n'est pas l'idée. Je ne veux pas que tu aies d'ennuis par ma faute. Lelfya, tu ne sais quasiment rien de moi...". Je me durcis et crachais "Et tu penses qu'en vivant loin de toi, je te connaîtrais mieux ?!". Il gronda et ^à, je sentis que j'avais vraiment sur le coeur. "Sechan, moi aussi j'ai des problèmes, des responsabilités à endosser ! Dans quelques jours, les Enchanteurs me demanderont ce que je ferai du trône. Crois-tu que j'ai vraiment envie de me savoir coincée ici à partir de lundi ? C'est lâche, mais je n'ai plus qu'une chose à faire : fuir". Je me mis à sangloter sans m'en rendre compte et murmurai "Je ne veux pas que tu me laisses, je t'en supplie.. ne me laisse pas seule."

 

*

 

Assise sur le fauteuil, je ne fus pas surprise lorsque Nabeth entra dans ma chambre, le visage encore un peu pâle. "Lelfya..." murmura t-elle. Je lui souris et dit "Plus de micros ici, je les ai encore grillés. Mais tes habituelles questions sur ce jour seront à éclaircir plus tard". Elle soupira et se laissa tomber à côté de moi. "Ils arrivnt demain. Lelfya, je t'en supplie, dis-moi que tu sais déjà ce que tu fais" je secouais la tête en signe de dénégation. "Commnent ça ? Tu ne sais pas si demain, tu reprendras le trône où non ?!" explosa t-elle. "Nabeth, on voit que ce n'est pas toi qui se trouve à ma place. Reprendre le trône me contraint à rester sur les Contrées Perdues, et le laisser..." ma voix se brisa et elle posa une main chaleureuse sur mon épaule. "Je le sais, excuse-moi. Ce n'est pas un choix à prendre à la légère...". "Si tu pouvais te mettre à ma place..." fis-je en fermant les yeux. "Sechan t'a appelée ?" demanda t-elle en changeant de sujet. "Non, pas encore. Et s'il ne le fait pas, c'ets moi qui..." . La sonnerie nous fit toutes deux sursauter tandis que je me jetais sur le portable. "Allô ?! Sechan ?" "Lelf', ça y est." "Quoi ça y est ?" fis-je en sentant l'adrénaline me monter à la tête. "Je suis installé, je sais que c'est un peu risqué mais je ne pense pas que ça soit très repérable. Que fais-tu ?" . Je manquais de hurler de joie et bondis du fauteuil : "Où ça ?!" "Londres, quartier de Carnaby Street. Il faudra que tu prennes ta décision...". Je me tus, incapable de réfléchir normalement. Je fermais mon visage qui durant quelques secondes avait éclaté de joie, semblant ravir Nabeth, et répondis "Laisse-moi réfléchir, je te rappellerai".

Je croisais le regard de Nabeth qui, immédiatement, sut quelle décision j'avais prise.

 

*

 

Le reniement du passé peut devenir fatal et aggraver.

Les songes des êtres surnaturels détiennent tous les secrets.

La vengeance n'est jamais que simple fierté.

Quiconque ose y aborder finit par être dépassé.

La perte des entités est un chemin à éviter.

Assouvir ses désirs peut se révéler une perte de capacités.

 

Le Livre des Anges, volume I, sonnet en deux tercets.

 

*

 

A suivre...

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Par Marik, Lelfya & Sechan forever...
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  • Marik, Lelfya & Sechan forever...
  • Fiction "Journal de Lelfya"
  • Lecture Ecriture Dessins Musiques Lycéenne
  • Je suis simplement une passionnée de livres et d'écrits.Je suis en plein milieu d'une saga et,juste pour vous,j'écris cette petite histoire animée avec un personnage virtuel...Merci à Zayah pour les bannières et tous les conseils des autres
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